| Biographie de Katherine Jackson - Chapitre 6 : S'adapter |
Page 1 sur 3 Je vécus une expérience similaire à celle de mes fils la première fois que je suis retournée à Gary, dans notre ancienne maison – que l’un des cousins de Joe louait. Bon nombre de nos anciens voisins avaient fait un saut pour me rendre visite mais Mildred White, la voisine dont j’étais la plus proche, ne vint pas. J’étais perplexe donc j’allai la voir. « Tu vois, Louis, elle n’a pas changé ! » s’exclama-t-elle à l’attention de son mari lorsqu’elle me vit à la porte. « Changé quoi ? », demandai-je. « Mildred, de quoi parles-tu ? » Mildred appréciait les anciens amis des garçons et avait apparemment supposé que compte tenu du degré auquel la chance avait tourné pour la famille Jackson, nous devions avoir changé en tant que personnes. Le fait d’être traités différemment par de vieux amis et voisins était seulement l’une des nombreuses choses auxquelles les garçons, Joe et moi dûmes nous adapter après que les Jackson Five soient devenus célèbres. Le plus important changement auquel eux et moi dûmes faire face fut l’emploi du temps des garçons. MARLON : A l’époque où on essayait de réussir, la vie était mouvementée. Après avoir réussi, la vie était encore plus mouvementée. Nous revenions à la maison après l’école et disposions d’une fraction de seconde pour manger un morceau. Ensuite, on allait au studio. Chez Motown, on enregistrait une chanson par jour. Si nous avions de la chance, nous rentrions à la maison suffisamment tôt pour faire quelques devoirs avant de nous endormir. C’était comme ça tous les jours de la semaine. Puis, le samedi, on répétait. TITO : Je n’avais pas un seul moment à moi à l’époque. Savez-vous quand j’en ai eu un pour la première fois ? Après le Victory Tour, en 1984. Je ne me souviens pas avoir passé un seul jour, auparavant, sans « faire ça ». Quand les garçons n’enregistraient pas ou ne répétaient pas, ils étaient en tournée. Entre 1969 et 1972, ils ont fait des tournées aux Etats-Unis, en Europe, en Afrique et au Japon. Pour qu’ils ne prennent pas de retard dans leurs études, ils avaient une préceptrice qui voyageait avec eux : Rose Fine. Avant le départ, les garçons recevaient leurs devoirs des professeurs ; Mme Fine s’entretenait avec chacun de leurs professeurs pour savoir où ils en étaient dans chaque matière. Puis, quand ils étaient sur les routes, elle leur demandait de se présenter tous les cinq devant sa chambre d’hôtel le matin pour deux ou trois heures de travail. Sa chambre devenait une version moderne des écoles à classe unique… A mon agréable surprise, les garçons – qui étaient tous des élèves meilleurs que la moyenne en Indiana – obtinrent des notes encore plus élevées en Californie. Tout le mérite pour cela revient à Mme Fine, dont le dévouement envers les garçons ne connaissait aucune limite. « J’ai l’impression d’avoir été leur mère dans une autre vie », me dit-elle un jour et, en réalité, elle se comportait comme une seconde mère pour eux pendant les tournées. Elle les accompagnait dans leurs visites touristiques et dans leurs séances de shopping, essayant même de s’assurer qu’ils aillent se coucher à une heure raisonnable. Les garçons l’adoraient. Moi aussi. A l’époque, je rêvais juste de pouvoir passer autant de temps qu’elle avec mes fils ; même si j’avais encore LaToya, Randy et Janet avec moi, la maison semblait vide sans les garçons. Certaines personnes n’aiment pas quand des proches restent chez eux pendant longtemps mais quand nos proches commencèrent à affluer en Californie à cette époque, je les accueillis à bras ouverts. Je voulais de la compagnie. J’aurais pu ne pas me sentir si seule si j’avais eu des voisins avec qui me lier d’amitié. Mais j’appris rapidement qu’en Californie, les gens avaient tendance à rester chez eux. Je ne voyais même pas d’enfants faire du vélo dans la rue ou se courir après, chose qui me manquait. Ils restaient dans leur propriété, tout comme leurs parents. Je me souviens avoir un jour pensé « Mon Dieu, on aurait tout aussi bien pu me construire une maison au milieu d’un cimetière ». C’était si difficile pour moi de passer de l’animation de Jackson Street à un quartier paisible de Los Angeles que je ne supportais pas de rester à la maison. Je devais sortir tous les jours, même si c’était juste pour aller au parc et lire. Quand des proches étaient en ville, je me faisais une joie de leur servir de guide. J’ai connu tous les coins et recoins de Disneyland des années avant Michael. Même quand les garçons étaient en ville, je ne les voyais qu’en coup de vent tous les jours parce qu’ils passaient énormément de temps en studio. Leur emploi du temps mouvementé finit même par mettre un terme à la tradition familiale des Jackson que je préférais : dîner tous ensemble. Je fis de mon mieux pour que la tradition perdure à L.A, en cuisinant le grand repas habituel. Mais je me lassai de devoir jeter la nourriture quand les sessions d’enregistrement des garçons s’éternisaient si bien qu’un jour, je cessai complètement de préparer le dîner. Nous dûmes faire face à un deuxième défi majeur : nous habituer à notre nouveau statut de « personnages publics ». Pour les garçons, cela voulait dire gérer les fans, non seulement lors de leurs concerts et dans les aéroports, mais aussi à chaque fois qu’ils franchissaient le seuil de la porte. TITO : Même en revenant à l’hôtel après un concert, nous n’échappions pas aux fans. Bien que nous ayons toujours des agents de sécurité à chaque bout du couloir, les filles arrivaient à passer outre le barrage si elles voyaient l’un d’entre nous quitter sa chambre pour rendre visite à l’un de nos frères. |




