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Biographie de Katherine Jackson - Chapitre 3
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Biographie de Katherine Jackson - Chapitre 3
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Il était tout bonnement impossible de confondre notre maison du 2300, Jackson Street avec un château. Avec ses deux petites chambres, son salon, sa cuisine et sa salle de bains, elle n’était pas beaucoup plus grande qu’un garage. Cependant, je ne pense pas que l’un des enfants ait été malheureux de grandir dans un espace si exigu.

JERMAINE : Pour moi, ce qui est petit est joli. C’est entre autres parce que nous avons partagé une petite maison que la famille Jackson est soudée aujourd’hui.

Le simple aspect mathématique de nos conditions de vie – onze êtres humains dans une maison de trois pièces – faisait de nous une curiosité locale. Les collègues de Joe chez Inland Steel étaient eux aussi fascinés par la taille de notre famille.

« Joe, tu as tellement d’enfants que vous devez sûrement dormir à tour de rôle ! » le taquinaient-ils.

Alors, comment arrivait-on à faire rentrer neuf enfants et deux adultes dans une minuscule maison ? Sacrée énigme, n’est-ce pas ?

Réponse : avec un peu d’ingéniosité.

On a donné aux garçons l’une des chambres. On leur a acheté un triple lit superposé. Tito et Jermaine dormaient dans le lit du haut, Marlon et Michael dans celui du milieu et Jackie en bas. Donc ça leur offrait un peu d’intimité ; Tito et Jermaine, tout comme Marlon et Michael, dormaient tête-bêche. Quand Randy a été un peu plus grand, il a dormi sur le deuxième canapé du salon.

JERMAINE : Partager une chambre avec mes frères, c’était génial. On parlait pendant au moins une heure avant d’aller se coucher. On était tous dans nos lits et on n’avait même pas besoin de se regarder pour avoir une conversation sérieuse.

Joe et moi avons pris l’autre chambre. C’était juste assez grand pour y mettre un lit, une armoire et une commode. Quand on avait un bébé, on arrivait d’une manière ou d’une autre à y caser aussi un couffin.

Les filles dormaient sur un clic-clac dans le salon. En fait, Rebbie n’a jamais eu sa propre chambre.

REBBIE : Je connaissais une fille de l’autre côté de la rue qui partageait sa chambre avec sa sœur. Je me disais ‘Wow, ça doit être génial d’avoir une moitié de chambre bien à soi’. Mais je n’ai jamais regretté de ne pas avoir ma propre chambre. Mon état d’esprit était plutôt ‘J’ai quelque chose que mon amie n’a pas: l’amour de ma mère’.

De temps en temps, Rebbie dormait dans ma chambre. Quand Joe travaillait de nuit – chose qu’il faisait souvent pour gagner un dollar de plus par heure – elle et LaToya se serraient dans le lit avec moi. ‘Je dors avec Maman ! Je dors avec Maman !’ s’exclamaient-elles. Parfois, un ou deux garçons le faisaient aussi, même si je n’avais qu’un lit deux places.

Avoir une seule salle de bains obligeait tout le monde à se soumettre à la « règle des quinze minutes » le matin. Si quelqu’un – en général, c’était Jackie – y passait plus longtemps que ça, il se faisait rappeler à l’ordre par ses frères.

Avoir une seule salle de bains signifiait aussi que les bains se prenaient à plusieurs. Quand Jackie, Jermaine et Tito étaient petits, je les baignais ensemble.

Michael et Marlon étaient aussi des copains de baignoire ! Quand ils avaient respectivement 3 et 4 ans, ils ont été les héros de mon anecdote de bain préférée : un soir d’été, tandis que je remplissais la baignoire, impossible de les trouver. Pensant qu’ils jouaient dehors, je suis sortie et je les ai appelés. Mais ils n’étaient pas dehors non plus. Inquiète, je suis retournée dans la maison pour regarder partout de nouveau. Ils étaient là encore introuvables.

Finalement, j’ai passé la tête dans la salle de bains. A mon plus grand soulagement, c’est là que je les ai trouvés. Ils étaient entrés dans la salle de bains pendant que j’étais en train de les chercher dehors, étaient montés dans la baignoire et s’étaient endormis !

Notre cuisine aurait été exiguë même si nous n’avions pas eu notre table chromée et nos chaises dedans. On a fini par détruire le mur séparant la cuisine de la buanderie pour me laisser plus d’espace pour manœuvrer.

Notre salon était juste assez grand pour accueillir deux canapés, deux chaises, une télévision et une chaîne stéréo.

Quant au garage… nous n’en avions pas. De ce fait, en hiver, Joe devait racler tous les matins la neige accumulée sur le pare-brise de sa Buick.

Dans notre vie au 2300, Jackson Street, il y avait une autre énigme et elle s’énonçait en ces termes: comment fait une grande famille pour s’en sortir avec de petits revenus ? Et je dis bien « petits revenus ». Je me souviens avoir regardé les premiers chèques que Joe recevait de Inland Steel chaque semaine et y avoir lu un montant de cinquante-six dollars. La réponse, évidemment, c’est que Joe et moi faisions des économies autant que possible.

Durant nos cinq premières années à Gary, nous n’avions même pas de téléphone. Une voisine, Margaret Penson, a eu la gentillesse de me laisser passer et recevoir des appels sur son téléphone.

Sortir au restaurant ou au cinéma était inenvisageable. Nous avons finalement réussi à acheter une télévision en 1953 grâce à un paiement échelonné et la télé est devenue notre principal divertissement familial le soir.

La majeure partie de nos revenus était consacrée aux premières nécessités: les vêtements et la nourriture.

Je fabriquais une partie de nos vêtements moi-même, surtout des chemises pour Joe et des tenues pour Rebbie et Jackie quand ils étaient petits. Quand je faisais des achats, c’était généralement à l’Armée du Salut.

A maintes reprises, le matin, pendant le printemps et l’été, je m’y suis rendue pour profiter des derniers dons. Parfois, Jackie, Tito et Jermaine m’accompagnaient. J’appréciais leur présence mais j’aimais encore plus leur rapidité: les premiers à franchir la porte obtenaient les meilleurs articles. A cause mon boitement, les autres femmes me passaient devant donc je comptais sur les garçons pour obtenir les chemises et les pantalons « neufs » en premier.

 
 
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