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Biographie de Katherine Jackson - Chapitre 4
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Biographie de Katherine Jackson - Chapitre 4
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On peut faire remonter l’origine des Jackson 5 à une télévision en panne. On était en 1955. La télé en question était notre vieille Muntz en noir et blanc. Notre réparateur, M. Willis, est venu et a essayé de la dépanner mais en vain. « J’ai peur de devoir la garder un moment », a-t-il dit. Au final, M. Willis a gardé notre télévision bien plus qu’un « petit moment ». Mais c’était ma faute. « Ne la ramenez pas maintenant », lui ai-je dit après qu’il l’ait réparée. « Je n’ai pas d’argent pour vous payer ». A ce moment là, Joe et moi traversions une passe difficile financièrement.

A l’époque, nous étions six à la maison : Rebbie avait 5 ans ; Jackie, 4 ; Tito, 2 ; et Jermaine était bébé. Dépendante de la télé comme je l’étais pour que mes enfants se divertissent le soir, j’ai soudainement dû faire face au défi de les occuper d’une autre manière. J’ai alors décidé de chanter avec eux. Je pensais pouvoir leur interpréter quelques chansons tout en repassant, en cousant ou en faisant la vaisselle.

J’ai commencé à leur apprendre les titres que je chantais avec mon père : « Cotton Fields », « She’ll Be Coming ‘Round the Mountain », « Wabash Cannonball ». Les enfants ont aimé ces séances de chant dès le premier jour. Même le tout petit Jermaine s’agitait dans sa chaise au son de nos voix s’élevant en harmonie.

JACKIE : La première fois que j’ai entendu ma mère se laisser aller à interpréter une chanson country, j’ai été impressionné. Mon Dieu, elle sait vraiment chanter, ai-je pensé. C’est comme ça que tout a commencé pour mes frères et moi… En chantant en harmonie derrière elle.

Nos séances de chant dans le salon sont devenues une tradition pour la famille Jackson. Cependant, à l’époque, je n’ai jamais rêvé un seul instant d’apprendre à mes enfants à se produire ensemble, pas même au début des années 60, quand le « Son Motown » a commencé à rivaliser dans le cœur des enfants avec mes chansons country préférées.

JACKIE : La maison de disques Motown a explosé avec un son que tout le monde – Noirs et Blancs – adorait. C’était un son qui rassemblait les gens.

Motown a très certainement rapproché les aînés de la radio. Ils étaient suspendus à l’écoute de la station WWCA tous les jours, écoutant les dernières musiques sorties sur le label de Detroit fondé par le compositeur et producteur Berry Gordy.

REBBIE : On guettait aussi le moindre mot du D.J. annonçant une apparition des Miracles, des Temptations ou d’un autre groupe Motown à Chicago. Nous mourions d’envie de les voir, même si, évidemment, nous ne pouvions pas nous le permettre. Malgré tout, plus le ton du D.J. était animé, plus nous étions surexcités.

Dès que les enfants entendaient un nouveau disque, ils mettaient en commun leurs piécettes ou me suppliaient de leur donner un peu d’argent et se précipitaient dans le petit magasin de disques situé de l’autre côté de la rue Roosevelt High pour l’acheter. Evidemment, quand ils ramenaient le single à la maison, ils voulaient le mettre dans la chaîne stéréo immédiatement et danser en chaussettes dessus. J’étais heureuse d’autoriser leurs « bonds en chaussettes » dans le salon, surtout quand je venais de cirer le sol en formica. Leur danse permettait au sol de rester brillant pendant des jours !

REBBIE : Nous adorions la danse : le jerk, le Mashed Potato, le Walk, le Pony, le Four Corners…

Longtemps avant d’avoir entendu le mot Motown, Rebbie et Jackie étaient des stars de la danse dans le quartier. Quand ils avaient respectivement 5 et 4 ans, ils ont commencé à gagner des concours de danse dans des fêtes de quartier.

Rebbie aimait tellement la danse qu’elle dansait toute la journée dans la maison après avoir fini ses corvées ménagères. « Maman, comment peux-tu rester assise ? », m’a-t-elle dit plus d’une fois quand une chanson de Motown particulièrement bonne passait à la radio. « Tu n’as pas envie de bouger ? » Elle est encore comme ça aujourd’hui. Quand un technicien lui a apporté une chaise à l’un des concerts de Michael au Madison Square Garden en 1988, elle a répondu « Non, je vais danser ». Elle a dansé dans les coulisses pendant tout le concert.

En fait, à l’exception de Marlon, tous mes enfants semblaient nés pour aimer la danse. Marlon a dû travailler dur en danse, ce qui a payé car aujourd’hui, c’est un excellent danseur lui aussi.

Mais mes aînés ne se contentaient pas de danser au rythme des chansons de Motown. Ils voulaient les chanter, aussi. Et c’est ce qu’ils faisaient, entre eux, dans leur chambre.

JACKIE : Au début, Tito, Jermaine et moi faisions juste les imbéciles en essayant d’apprendre les chansons à la radio. Mais d’un seul coup, nous sommes devenus bons, suffisamment bons pour que les gens qui passaient près de notre maison s’arrêtent pour nous écouter. Il arrivait même qu’ils s’assoient sur la pelouse. A l’époque, nous avions des moustiquaires sur les fenêtres et ils nous entendaient vraiment bien parce que nous faisions beaucoup de bruit. A partir du moment où nous avons capté leur attention, nous savions que quelque chose était en train de se produire…

Moi aussi, ils avaient capté mon attention. Celle de Rebbie également. « Maman, regarde mes bras ! J’ai la chair de poule juste en les écoutant chanter ! » s’est-elle un jour exclamée. Un autre jour, je l’ai trouvée en larmes devant leur chambre parce qu’elle trouvait leurs voix magnifiques.

Comme je l’ai mentionné, l’augmentation de la criminalité à Gary a, ironie du sort, joué un rôle dans leur évolution en tant que chanteurs. Il est arrivé à de nombreuses reprises que Joe et moi soyons obligés de « punir » nos enfants, pas parce qu’ils avaient fait une bêtise mais parce que nous avions repéré des individus indésirables traînant dans le parc derrière la maison. Jackie, Jermaine et Tito ont souvent tiré profit de ces moments en continuant à perfectionner leurs versions des tubes Motown du moment dans leur chambre. Certains soirs, quand les conditions de sécurité le leur permettaient, ils chantaient dehors, au coin de la rue, sous les lampadaires.

JACKIE : Nous aimions chanter dehors, l’harmonie était meilleure à cause de l’écho.

Ils s’amélioraient, encore et encore. Un jour, ils m’ont annoncé : « Maman, nous allons passer à la télé, comme les Temptations ». Quand Michael, âgé de 4 ans, a commencé à joindre sa voix à la leur, je me suis mise à penser : « Eh bien, oui, ils semblent avoir du potentiel ».

 
 
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