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Biographie de Michael Jackson - Le Bad Boy |
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LA GENESE DE L'ALBUM BAD
Dépasser son propre record - Une fois les cérémonies de remise de prix terminées, les récompenses rangées sous vitrine dans la maison familiale d'Hayvenhurst, il est temps pour Michael Jackson de se remettre à la tâche. Il se retrouve confronté à un challenge invisible mais démoniaque: celui de surpasser Thriller, l'album le plus vendu de tous les temps qui, déjà, à l'époque, atteint des ventes de 38.5 millions d'exemplaires. Convaincu de tenir une partie de l'alchimie du succès en la personne de Quincy Jones, Michael Jackson décide de poursuivre sa collaboration avec le producteur. On raconte que la jeune star a affiché sur le miroir de sa salle de bains un mémo portant cette inscription: "100 millions", un objectif de ventes qu'il espère atteindre. Aller au-delà de Thriller, au-delà de ces limites que l'on pensait inaccessibles.
Boulimie artistique - En août 1986, Quincy Jones et Michael Jackson se retrouvent tous deux en studio d'enregistrement. La jeune star a déjà composé 62 chansons, parmi lesquelles figure le romantique duo "I Just Can't Stop Loving You". Hésitant sur le choix de sa partenaire pour interpréter le titre, il envisage successivement de collaborer avec Barbra Streisand, Whitney Houston, Diana Ross. Finalement, Quincy Jones décide de faire appel à Siedah Garrett, une jeune choriste encore inconnue du grand public mais qu'il juge prometteuse. Au fond, ce nouvel album reprend quelques-unes des recettes qui ont fait le succès de Thriller: un titre rock avec un solo de guitare (Beat It vs. Dirty Diana), un duo (The Girl Is Mine vs. I Just Can't Stop Loving You), quelques ballades (The Lady in My Life vs. Liberian Girl par exemple) ou encore des titres "tubesques" et pétillants (Billie Jean vs. Smooth Criminal)...
Le Bad Boy - Pour d'obscures raisons, Michael Jackson souhaite changer d'image. A l'époque, la presse fait grand bruit autour de sa "féminité", de sa voix douce, colportant des rumeurs sur sa prétendue homosexualité. A l'inverse, la virilité de son rival, Prince, n'est absolument pas remise en cause, bien qu'il se maquille lui aussi et conserve une voix aiguë. Selon ses proches, Michael Jackson aimerait alors orchestrer un "duel" entre lui et Prince dans la presse, pour finalement organiser une pseudo-réconciliation et inviter l'artiste à enregistrer un duo avec lui sur son futur album, baptisé "Bad" (en français: méchant, mauvais).
Il demande à son manager, Frank Dileo, de colporter dans la presse à scandales des rumeurs affirmant que lui et Prince sont rivaux. Plusieurs associés de Michael Jackson sont ainsi invités à évoquer publiquement cette prétendue mésentente, puis Dileo lui-même confie au magazine Rolling Stone que les rumeurs n'ont aucun fondement: il affirme que la jeune star est très choquée par les ragots concernant sa relation avec Prince et qu'elle dément formellement être en froid avec le chanteur de "Purple Rain". De la sorte, le public se trouve confronté à des informations contradictoires: d'une part, on affirme que Michael Jackson et Prince sont en mauvais termes; d'autre part, Frank Dileo dément et assure que Jackson et Prince sont de bons amis.
Le but de ces opérations de communication est de générer une forte controverse puis de sortir le nouveau disque de Michael Jackson au beau milieu du cirque médiatique afin de lui assurer une publicité gratuite. Prince refusera finalement d'enregistrer un duo avec le jeune chanteur.
L'ERE DES GRANDES RUMEURS
C'est à cette époque, autour de 1986-1987, que deux des rumeurs majeures des années 80 voient le jour. Elles entraîneront peu à peu une modification de l'image de Michael Jackson qui, du paisible jeune homme talentueux dont il donnait l'apparence, acquerra l'image d'un être excentrique, bizarre voire inquiétant.
Les os d'Elephant Man - La première de ces rumeurs raconte que Michael Jackson aurait émis le souhait d'acheter les os de Joseph Merrick alias "Elephant Man", qui souffrait d'une maladie rare (le syndrome de Protée). On ignore encore, à ce jour, la version exacte de l'histoire, même si certains affirment qu'il s'agit là aussi d'un "coup de pub" monté par Michael Jackson (le film de David Lynch racontant la vie de Merrick était sorti en 1980, attirant l'attention du grand public sur le calvaire vécu par cet homme, exhibé comme monstre de foire en raison de ses difformités). A partir de mai 1987, la rumeur a commencé à se répandre puis a été démentie par les propriétaires légitimes du squelette de l'homme-éléphant (le London Hospital Medical College) avant de ressurgir de plus belle dans les tabloïds.
Le caisson à oxygène - La seconde prétend que Michael Jackson a décidé de dormir dans un caisson à oxygène pour "vivre jusqu'à 150 ans". Dans ce cas, on sait aujourd'hui que cette rumeur était un "coup de pub" savamment orchestré par l'équipe de communication de la star pour faire parler de Michael Jackson, lequel n'a jamais dormi dans un caisson à oxygène. La "vraie histoire" du caisson a été révélée à la télévision il y a quelques années par Michael Levine, attaché de presse de Michael Jackson à l'époque et auteur des photographies controversées. C'est Levine lui-même qui a décidé, en accord avec Michael Jackson, de lancer cette rumeur.
Tout commence en 1983. Michael Jackson décide de mettre sa fortune au service d'un hôpital américain spécialisé dans le soin aux grands brûlés: le Brotman Memorial Hospital. A l'époque, l'hôpital manque de moyens et n'a pas l'argent nécessaire pour doter le service d'un caisson hyperbare. Or, l'utilisation de ce type de matériel permet d'accélérer et d'améliorer considérablement la cicatrisation des brûlures. Michael Jackson décide à l'époque de financer lui-même l'achat du caisson pour le Brotman Burn Center (nom du service des grands brûlés), un acte de générosité parmi d'autres...
En janvier 1984, la jeune star vient visiter le service où a été installé le caisson. A cette occasion, une idée saugrenue germe dans l'esprit de l'une des personnes présentes. Etait-ce l'idée de Michael Jackson lui-même ? Celle de son attaché de presse, Michael Levine (de la société "Levine Communications") ? Une idée commune aux deux hommes ? Toujours est-il que Michael Jackson accepte de se faire photographier dans le caisson. Une deuxième séance photo sera réalisée par la suite, Lévine étant le photographe dans au moins l'une de ces deux séances. Dans la pièce, seules quatre personnes sont présentes: la star, Levine, Frank Dileo et Steven Hoefflin. Hoefflin, chirurgien et médecin personnel de Michael Jackson, travaille à l'époque au Brotman Burn Center.
A peine quelques semaines plus tard, l'ironie du sort voudra que le chanteur soit lui-même hospitalisé au Brotman Hospital suite à l'accident survenu sur le tournage d'une publicité pour Pepsi. C'est le tabloïd "National Enquirer" qui apprend le premier cette rumeur étrange: Michael Jackson aurait été photographié dans un caisson à oxygène... Contacté à l'époque par les journalistes, Steven Hoefflin se refuse à tout commentaire sur le sujet. Mais quelques mois plus tard, le tabloïd parvient à mettre la main sur les photographies (qui auraient été envoyées au journaliste Charles Montgomery par Frank Dileo lui-même). Le journal tient son scoop...
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