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Biographie de Michael Jackson - Les chemins du succès |
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PREMIER CONCOURS
En 1964, les petits Jackson commencent doucement leur transition de l'ombre vers la lumière, en participant à leurs premiers concours de jeunes talents. A l'époque, ce type de concours est très répandu, y compris dans les petites villes comme Gary. Les groupes "s'affrontent" sur scène, on désigne le vainqueur à l'applaudimètre. Peu à peu, ceux qui gagnent régulièrement acquièrent une certaine notoriété au niveau local, qui leur permet d'accéder à d'autres concours de plus en plus prestigieux.
Le premier concours auquel s'inscrivent les cinq frères est celui du lycée Roosevelt. Pour cela, ils ont répété une chanson des Temptations: "My Girl". Leur prestation est un succès, comme s'en souvient Michael Jackson: "Entre les premières notes de basse jouées par Jermaine, les premiers accords de guitare joués par Tito, et le moment où nous avons tous chanté le refrain, les gens étaient debout, tout au long de la chanson. Jermaine et moi partagions les couplets tandis que Marlon et Jackie tournaient comme des toupies. C’était une sensation merveilleuse pour nous de gagner ce trophée, notre plus important, qu’on se repassait de l’un à l’autre. Ensuite on l’avait installé sur le siège passager comme un bébé et quand nous sommes rentrés en voiture à la maison, mon père nous répétait « Quand vous faites une prestation comme celle que vous avez faite ce soir, ils ne peuvent pas ne pas vous donner le trophée ».
Peu à peu, la petite maison de Gary se remplit de récompenses, accumulées au fil des concours locaux. Les Jackson ont franchi un nouveau palier: ils sont désormais reconnus dans leur quartier. Pour passer au niveau supérieur, ils ont besoin de quelque chose dont ils manquent cruellement: de l'argent.
Jusqu'à présent, ils répètent dans le salon de la maison familiale, sans aucun matériel. Leur père, Joseph, est conscient qu'il faut leur donner une éducation scénique irréprochable. Pour cela, ses fils doivent s'entraîner en utilisant de vrais micros et un matériel similaire à celui qu'ils rencontrent dans les concours.
Des années plus tard, Joseph Jackson se rappellera: "J'ai investi beaucoup d'argent dans des instruments, et de l'argent, nous n'en avions pas. Ma femme et moi avions souvent de violentes disputes au sujet de ce "gaspillage d'argent", comme elle disait. Elle m'aboyait dessus en disant que l'argent aurait dû servir à acheter de la nourriture, pas des guitares ou des percussions. Mais j'étais le chef à la maison et c'est toujours moi qui avais le dernier mot."
CHICAGO... ENFANCE... VIOLENCE...
Pour les petits gamins d'ouvrier de Gary, Indiana, Chicago représentait la ville de tous les espoirs. Des centaines de clubs, de bars, de cafés où l'on recrutait des groupes pour des contrats plus ou moins bien payés et plus ou moins longs. Des concours, des figures célèbres du monde de la musique qui venaient "en repérage" à la recherche de jeunes talents... Tout cela, les enfants y pensaient avec une certaine excitation. Joseph aussi.
Dès le début de leur aventure musicale, Joseph Jackson avait pris l'habitude de se rendre à Chicago presque tous les week-ends. Il observait, écoutait, humait l'atmosphère de tous les spectacles qui s'y jouaient. Il prenait des idées à droite, des chorégraphies à gauche, tel ou tel petit geste qui semblait plaire au public. De retour chez lui, il rassemblait ses fils et leur racontait ce qu'il avait vu. On s'étonne souvent de la richesse de la danse de Michael Jackson, à l'âge adulte. En réalité, il ne fait que reproduire ce que son père avait fait avant lui: s'ouvrir l'esprit à toutes les influences, être à l'écoute de ce que veulent les gens et de ce qui les fait rêver.
Si Joseph Jackson ouvre l'esprit de ses fils à la musique et à la diversité culturelle, il n'en demeure pas moins un manager rigide et dur. Son ambition est telle qu'il impose aux garçons un rythme de travail effréné. Lors des répétitions, qui se poursuivent souvent très tard dans la nuit, il est assis sur une chaise et observe les chorégraphies de ses rejetons sans rien dire. Si l'un d'eux commet une erreur, il est fréquent que le patriarche défasse sa ceinture et en donne quelques coups au malheureux garçon.
Michael Jackson se rappelle: "Nous étions terrifiés, vous savez. Je ne peux vous dire à quel point. Je ne pense pas qu'il réalisait à quel point nous étions terrifiés. Terrorisés. Si terrifiés que l'on vomissait". De l'avis général, Michael Jackson est un petit garçon malicieux. Le plus chétif de tous et pourtant, le seul à tenir tête à son père. Un jour, âgé de trois ans, il lui lance une chaussure à la tête après s'être fait disputer. Furieux, son père l'attrape par une jambe et le frappe sans relâche jusqu'à ce que l'enfant cesse de hurler. Alors que Joseph le repose à terre, il lance d'un air de défi "Je te déteste". Selon Marlon, frère aîné du chanteur, Joseph aurait alors poursuivi son fils jusque dans sa chambre et l'aurait frappé de nouveau.
Parfois, lorsque les cinq frères sont profondément endormis, Joseph rentre dans leur chambre par la fenêtre ouverte, un masque de monstre sur le visage, un couteau à la main, et les réveille brutalement. Tous en garderont de profondes cicatrices psychologiques. Michael Jackson, en particulier, une fois devenu adulte, ne supportera jamais de dormir la fenêtre ouverte. Dans son célèbre ranch Neverland, en Californie, son lit se situe à l'étage de la maison et, pour y accéder, il faut franchir 3 portes dont un sas verrouillé par 8 serrures et protégé par une alarme.
Sur scène, les enfants sont tout sourire, professionnels jusqu'au bout des ongles. Alors qu'ils réalisent une prestation dans un centre commercial, Evelyn Leahy, une amie de la famille, les surnomme "les Jackson Five". Le nom leur restera. Ils finissent par décrocher un contrat dans un nightclub de Gary, le Mr Lucky's. Ils passent juste avant les strip-teaseuses. "Ce n'étaient pas toujours des établissements bien fréquentés, plutôt des boîtes de nuit parfois vraiment minables. Michael et ses frères avaient pour mission de remplir les vides entre deux strip-tease" (Dominique Kirmer). Michael Jackson évoquera brièvement le souvenir de cette période : « Maintenant, on va dire que ce n’est pas grand-chose mais… j’avais six ans… on jouait dans des clubs de strip tease. La fille se déshabillait, elle enlevait sa culotte, les hommes venaient et… beurk ! ».
A chaque fois, les clients du nightclub jettent des pièces et des billets sur scène. "J'en avais tellement dans les poches que je perdais mon pantalon" se souviendra Michael Jackson.
Rapidement, les enfants font de la musique leur seconde nature. Tous les week-ends, ils s'entassent dans le minibus Volkswagen de la famille
et partent pour Chicago. Ils y enchaînent les performances dans des clubs (Guys and Gals Club, High Chaparral, Joe Cool's, Bill Street, Peppermint Lounge) et assistent à plusieurs spectacles dans lesquels ils puisent des éléments de chorégraphie ou des idées de costumes. Joseph, lui, établit des
contacts "dans le milieu"... Parmi les musiciens, les chanteurs, les producteurs ou les agents qui fréquentent les salles obscures de Chi-Town
figure quelque part celui qui emmènera ses fils vers la gloire. Il le sait. Le lundi, il rentre avec ses fils à Gary. Il est 5 heures du matin. L'heure pour lui de retourner à l'usine. Pour les enfants, l'école. On est encore loin du rêve...
Le circuit, baptisé par Michael Jackson le "Chitlin Tour", les entraîne jusque dans l'Ohio, le Maryland, le Kansas et l'état de Washington. Au
cours de l'année 1966, le jeune garçon âgé de 8 ans rencontre son idole James Brown. Intéressé mais nullement impressionné par les talents
de danseur de l'enfant, le Parrain de la Soul lui apprend l'un de ses mouvements les plus célèbres: le lancer de micro. Puis les jours passent
et les cinq frères Jackson se confrontent au public du Regal Theatre de Chicago. Un concours de chant désigne chaque semaine un
vainqueur, qui affronte la semaine suivante de nouveaux candidats. Si un artiste ou un groupe parvient à remporter trois fois de suite la
compétition, il bénéficie ensuite d'une place tout à fait privilégiée auprès des grands de l'époque. Les Jackson 5 gagnent. Une fois, deux fois,
trois fois. Michael Jackson se souviendra: Nous avons gagné ce concours trois semaines d’affilée, avec une nouvelle chanson chaque
semaine pour capter l’attention des spectateurs habitués des lieux. Certains des autres artistes nous ont dit que c’était déplacé de notre
part de continuer à revenir, mais ils recherchaient la même chose que nous. Il y avait une règle selon laquelle si vous gagniez le concours
trois fois, vous seriez invités à faire un spectacle payant devant des milliers de personnes, pas des dizaines comme les publics pour lesquels
nous jouions dans les bars. Nous avons eu cette opportunité et la tête d’affiche de ce spectacle était Gladys Knight et son groupe The Pips,
qui jouaient une nouvelle chanson que personne ne connaissait, intitulée « I Heard It Through the Grapevine ». C’était une nuit
enivrante.
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