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La presse people - Partie 1 |
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"On vit de la célébrité mais on en meurt aussi" (Donny Deutsch)
Introduction - Elle court, elle court la rumeur, et beaucoup plus vite que le furet de la chanson. Aujourd’hui, loin des comptines innocentes, nous sommes pris dans un rapport très particulier avec les médias. Les gens semblent rechercher de plus en plus le succès, la célébrité, la popularité. Dans cette nouvelle théorie de l’évolution, les médias deviennent un moyen de sélection naturelle : ceux qui se tiennent au courant de l’actualité musicale, vestimentaire, cinématographique, alimentaire, publicitaire sont reconnus, admirés.
On recherche le succès, la popularité, on veut plaire, les téléspectateurs sont gavés de programmes où l’on fabrique des starlettes et où l’on fait croire à une réussite facile, moyennant quelques séances d’abdominaux et quelques crises de larmes. On fait la Une en assassinant son amant et pas en embrassant son mari, le scandale fascine, la vie des autres nous intéresse, nous sert d’étalon pour notre propre existence. On copie le comportement des autres pour se fondre dans la masse et pour ainsi espérer se mettre à la portée de tout le monde pour mieux s’intégrer et devenir populaire.
En même temps on veut émerger de la masse grouillante des gens qui suivent le petit pois-rayures parce que la mode l’a décidé. Les médias dictent ces normes comportementales : comment s’habiller, comment se maquiller, se coiffer, se comporter, comment être drôle, séduisant, heureux, mince, comment être humain… Les stars servent de vecteur à ces recettes du bien-paraître. On nous les présente comme des idéaux de réussite, que ce soit à la télévision ou dans la presse, si bien qu’elles deviennent pour le plus grand nombre des modèles. C’est sans compter sur les dures lois du métabolisme et de la répartition lipidique : sans forcément être des boudins difformes, nous ne mesurons pas tous la taille mannequin… Alors ces mêmes stars, parfois, on les dénigre un peu. « Cela rassure que les gens en apparence si réussis, si beaux, si riches, si intelligents, soient confrontés aux mêmes difficultés que nous et fassent les mêmes erreurs » témoigne Marie.
QUI LIT LA PRESSE PEOPLE ? PERSONNE !
Success Story - La presse people rencontre un succès incontestable, les magazines qui traitent de la vie privée des stars sont très vendeurs. L’Angleterre est considérée comme le pays de la presse people, avec des monstres comme le Sun (presque 4 millions d’exemplaires imprimés chaque jour), le Daily Mirror ou encore le Daily Mail… Dans d’autres pays comme l’Italie, il n’existe pas de loi réglementant le respect de la vie privée, ce qui permet aux magazines de publier en toute impunité des articles qui seraient censurés ailleurs. La France et l’Allemagne sont étroitement liés sur le marché des tabloïds, puisque c’est un groupe allemand qui possède la plupart des magazines à scandale français.
Pour lire heureux, lisons caché - C’est un style de lecture répandu, qui conserve malgré tout une image négative : tout le monde lit mais personne ne le dit. Des millions de revues s’arrachent mais elles circulent à couvert, dans les salles d’attente du médecin ou du dentiste. Jamais chez les gens ! La France est-elle le pays de l’intellectualisme ? En tout cas, elle a tendance à porter un jugement acide sur tout ce qui porte l’étiquette « populaire ». Les romans de gare, les magazines people, les émissions de télé où les gens viennent ouvrir leur cœur à la France spectatrice, tout ceci est abondamment critiqué et copieusement adoré.
A populaire on rattache l’idée d’une culture de masse, la culture du « Français moyen » à laquelle on confère une pauvreté et une banalité. Peut-être est-ce le fait d’un individualisme plus marqué chez les français, toujours est-il que le caractère collectif de la lecture grand public déplaît. En Angleterre, les choses sont totalement différentes, on envisage le collectif dans un aspect plus gratifiant : les trois tabloïds précités, qui dominent le paysage médiatique, totalisent à eux seuls 8 millions d’exemplaires chaque jour… soit plus d’un sixième de la population du pays ! Face à de tels chiffres, difficile de nier qu’on lit la presse people…
En France, la plupart des lecteurs prétendent n’être que des consommateurs occasionnels de ce type de magazine. Peu avouent les acheter, encore moins reconnaissent le faire régulièrement. C’est une presse qui a une image négative : les photos, souvent volées par des paparazzis, sont de qualité médiocre ; les sujets abordés sont, contrairement aux idées reçues, très communs : les séparations, les divorces, les tromperies, les défauts physiques, les fautes de goût, les mariages et les enterrements. Autant d’éléments qui s’opposent à l’image de la littérature intellectuelle valorisée et valorisante.
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