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Michael Jackson

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Le Cinéma et le Zoo de Neverland
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Nous nous trouvions dans une sorte de vestibule aux plafonds très élevés, un grand lustre de cristal y pendait et, face à nous se trouvait un grand comptoir. Là encore, des bonbons, du pop-corn et des friandises à grignoter. A droite de ce comptoir, une épaisse porte en bois donnait accès à une chambre d’un genre tout à fait particulier (il y en avait plusieurs de la sorte). L’une des parois était entièrement vitrée et révélait la présence, derrière, d’une grande salle de cinéma. Ainsi ce bâtiment n’était pas une chapelle privée mais un lieu dédié au septième art. Juste à côté de la porte menant à la chambre, il y avait une autre double porte en bois, puis un petit sas, puis de nouveau une double porte en bois et nous arrivions dans la salle de cinéma. Elle comportait peut-être une soixantaine de fauteuils rouges ou plus, un écran géant et un podium. De chaque côté de l'écran, se tenaient deux grandes statues de deux mètres reproduisant les célèbres Oscars. Elles brillaient tellement sous les spots de la salle que je supposai -sans doute à juste titre- qu'elles étaient en or. J’appris que Michael Jackson faisait souvent venir des magiciens, des clowns ou d’autres artistes qui proposaient des spectacles pour les enfants défavorisés venant en visite. Dans le même bâtiment se trouvait son espace de travail, avec un studio d’enregistrement et une salle de danse, une véritable salle de danse avec un mur couvert de miroirs et une barre. Je l’imaginai, là, moonwalkant en solo sur le parquet ciré tandis que des fans auraient donné des millions pour surprendre ces instants.

Nous reprîmes le train qui contourna la pointe nord du ranch, longeant un zoo de taille modeste, peut-être une quinzaine de bâtiments. Il hébergeait des animaux aussi divers que quatre girafes, des tigres, des faons, des ours, des serpents et même un couple d’éléphants. L’un, baptisé Gipsy (cela signifie « Gitan ») fut offert par Elizabeth Taylor à Michael Jackson. Il y avait également des orangs-outans et une volière. Les animaux restaient la plupart du temps dans le zoo mais pouvaient également se promener en toute liberté dans un espace prévu pour eux… Dans le serpentarium, se trouvaient une tortue géante et un anaconda de taille tout aussi impressionnante: 6 mètres de long et presque 900 kilos!!! Au minimum, il fallait sept personnes pour le déplacer...


Vous écoutez la musique du train de Neverland


Le train redescendait à faible allure vers le Sud du Ranch, le lac et la maison. La nuit était tombée lorsque nous traversâmes le parc d’attractions. Notre convoi passait au beau milieu des manèges, ils s’étaient illuminés et le ciel s’embrasait d’une foudre multicolore au son d’une musique animée. Un chemin sinueux qui permettait d’accéder, à pied, au parc d’attractions, s’était entièrement éclairé. En effet, il était tapissé de guirlandes lumineuses. Il traversait une bonne partie du parc, longeant un mini château fort, passant près de la « Pieuvre ».

Jusqu’à présent, j’avais vécu notre voyage comme une parenthèse enchantée dans mon quotidien, une occasion unique d’aller voir « au-delà du miroir ». Je ne connaissais pas Michael Jackson, du moins, pas plus que le commun des mortels. Je connaissais l’histoire du caisson à oxygène, l’histoire de ce ranch isolé dans les vallées de Californie, les histoires troubles de petits garçons de douze ans, la chirurgie esthétique… mais jamais je n’avais été si proche de Michael Jackson en tant qu’être humain. Quelque chose dans ce décor me faisait douter. Douter de ce que j’avais pu imaginer de lui, de ce que j’avais pu croire, aussi. Il l’affirma, quelques années après mon voyage dans son monde, « Neverland, c’est moi ». Sans qu’il ait besoin de le dire, cette phrase résonna à mes oreilles durant tout le trajet.

Neverland, c’était lui. Derrière tout cela, il y avait des millions de dollars, des contrats signés par un Michael Jackson plus businessman que Prince Charmant, le luxe, l’abondance… mais c’était aussi un lieu de solitude, un gigantesque espace où il recréait son propre monde, son monde dans le monde, son zoo, son cinéma, son lieu de travail, sa maison, ses routes, le lac où l’on va promener les enfants le dimanche. Tout ce que l’on trouve dans une ville, dans une vie normale. Ce soir là, j’étais dans ce train, dans la nuit noire, avec ces odeurs de crépuscule indicibles. Et j’étais proche de Michael Jackson. Ses rêves, sa solitude, sa fragilité. Je me demandais à quel point il devait avoir besoin d’évasion pour se retrancher dans ce royaume saupoudré de poussière de fée. Pas de paroles, juste le noir et les manèges qui tournent…
 
 
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