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Le clip They don't care about us/version Brésil de Michael Jackson |
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Jackson propose, Sony dispose...
Le 18 mars 1996, Michael Jackson a dû présenter son clip (la version "prison") aux responsables de Sony Music Europe. Pour cela, une projection a été
organisée à Paris, au palace Georges V. Après quelques minutes de diffusion et quelques heures de discussion, Sony décide que
le clip devra être modifié car les images de faits divers choisies au départ par l'artiste sont jugées trop violentes. Heureusement,
la star avait une "botte secrète": insatisfait de la version "Prison", Michael Jackson avait entre temps tourné au Brésil
une autre version du clip (entre le 10 et le 17 février 1996). Après
maintes polémiques, remous médiatiques, compromis, arrangements et rumeurs, le clip (la version "Brésil") sort (enfin) sur les écrans
le 22 Mars 1996 (sauf aux Etats-Unis). En somme, la version "Brésil" a été diffusée avant la version
"Prison" partout dans le monde, alors qu'elle avait été tournée après.
La version Brésil
Tournée à Rio de Janeiro entre le 10 et le 17 février 1996, la vidéo rencontra autant de difficultés que la chanson.
En effet, Rio était à l'époque ville candidate pour l'organisation des Jeux Olympiques de 2004. Pour emporter la compétition,
il fallait donner la meilleure image possible de la ville. Or, Michael Jackson demanda l'autorisation de tourner sa
vidéo à Dona Marta, un bidonville au Sud de Rio de Janeiro. Compte tenu de la popularité du chanteur, il apparut évident
aux autorités que des images du bidonville allaient ensuite apparaître sur les télévisions du monde entier. Autrement dit,
cela mettrait en pleine lumière la pauvreté de certaines régions voisines de Rio.
L'organisation des Jeux Olympiques exige beaucoup d'investissements financiers de la part de la ville qui les accueille (il faut
construire des stades, moderniser les équipements, dégager de grands espaces pour construire un village olympique, etc).
Or, est-ce tolérable que Rio de Janeiro dépense des millions de dollars pour les Jeux quand, à ses portes, des millions
de gens vivent dans la misère la plus totale? Non, et les hommes politiques le savaient bien. Il fallait donc à tout
prix minimiser et cacher le plus possible cet aspect de la ville. (Ce qui, au passage, justifiait d'autant plus le
titre "They Don't Care About Us" qui signifie "Ils ne se soucient pas de nous"). Par conséquent, le gouverneur de Rio interdit tout
simplement à Michael Jackson de tourner la moindre seconde de clip sur son sol.
Le chanteur ne se démonta pas et poursuivit ses démarches, visant cette fois-ci bien plus haut: le gouvernement brésilien.
Finalement, les autorités s'aperçurent qu'elles n'avaient guère le choix: "Michael Jackson se voit refuser l'autorisation
de tourner une vidéo dans une favela", un titre qui risquait fort de faire la Une des journaux du monde entier... attirant
bien plus l'attention qu'un simple clip. Ne voulant pas courir ce risque, on autorisa la star à faire ce qu'elle voulait.
Bien que Michael Jackson ait été bien accueilli par la population (suscitant même une certaine hystérie, la population étant montée sur les toits pour l'apercevoir), il est resté persona non grata auprès des autorités suite à
cet incident. En guise de compromis, le chanteur a accepté qu'une partie du décor soit masquée dans le clip: ainsi,
certaines maisons ont été masquées par de grandes bâches peintes représentant un décor moins délabré (cf le
résultat sur la photo ci-dessous).
Le clip a mobilisé 180 personnes (dont 90 membres de la sécurité) ainsi qu'un contingent supplémentaire de 60 personnes recrutées directement au sein du
bidonville pour sécuriser les lieux du tournage. Une jeune femme a tout de même réussi à franchir le cordon de sécurité,
elle s'est jetée sur Michael Jackson pour l'enlacer. Un policier a voulu intervenir mais une seconde jeune femme en a profité
pour se précipiter sur le chanteur. Alors que l'homme tentait d'évacuer les deux intruses, celles-ci se sont accrochées
à Michael Jackson et l'ont fait tomber par terre. Heureusement, plus de peur que de mal... et la séquence a été conservée
dans la vidéo définitive.
Des centaines de fans attendaient chaque jour sous les fenêtres de son hôtel, rendant difficile voire impossible aux
journalistes de faire un quelconque reportage à cet endroit tant le niveau sonore était élevé (le public chantait,
criait le nom de la star, etc). Pour jouer des percussions dans le clip, Michael Jackson a fait appel au groupe "Olodum",
un ensemble culturel fondé par la communauté noire de Salvador de Bahia en 1979. "Olodum" est engagé dans la lutte contre
le racisme et propose aux jeunes différentes activités dont la musique et le théâtre. Paul Simon (du duo "Simon & Garfunkel") les avait
déjà engagés pour jouer sur son disque "The Rhythm of the Saints" en 1990.
Notons que le clip "Brésil" dans sa version intégrale est disponible dans
le commerce sur le DVD "HIStory On Film - Volume II". Spike Lee (réalisateur) a déclaré que c'était sans doute l'une
des créations les plus marquantes de sa carrière, films y compris.
Chronologie
Une petite chronologie qui résume les étapes plutôt complexes de l'histoire de "They Don't Care About Us":
15 Juin 1995: sortie de l'album HIStory, Michael Jackson est accusé d'antisémitisme.
Janvier 1996: tournage de la version "Prison" du clip.
10-17 Février 1996: tournage de la version "Brésil" du clip, Michael Jackson étant insatisfait de la version "Prison".
Mi-février 1996: des images de ce tournage sont montrées à la télévision américaine. Reprise de la polémique sur
l'antisémitisme supposé de la star.
Mars 1996: sortie du single "They Don't Care About Us" en Europe.
18 Mars 1996: la version Prison doit être modifiée à la demande de Sony Music Europe.
22 Mars 1996: première diffusion de la version "Brésil" qui vole la vedette à la version "Prison" prévue au départ.
21 Mai 1996: après l'apaisement de la polémique, sortie du single "They Don't Care About Us" aux USA.
Durée du Clip: 7'00 (version complète); 4'40 (version courte).
Equipes Mobilisées
Directeur: Spike Lee.
Producteur: Butch Robinson/Skylight.
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