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Le procès de Michael Jackson en 2005 - Synthèse de l'affaire Arvizo (Partie 1) |
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Contre Michael Jackson - Le scandale fait surface suite aux déclarations faites dans le documentaire par le chanteur, qui explique qu’il lui arrive de dormir avec des enfants et qu’il ne voit aucun mal à ça. Ces propos déclenchent un tollé dans le monde entier. Lorsque la polémique éclate, Michael Jackson se trouve à Miami. Il décide alors de donner une conférence de presse pour s'expliquer au sujet du reportage et demande à la famille Arvizo de le rejoindre pour témoigner en sa faveur face à la presse. Au dernier moment, cette conférence est annulée et Michael Jackson prend la décision de rentrer à Neverland. Dans l'avion entre Miami et la Californie, le chanteur aurait servi de l'alcool au jeune Gavin. Ce comportement inapproprié se serait donc produit alors que la star faisait l'objet de toutes les attentions de la part des médias et du grand public.
Ayant entendu les propos de Michael Jackson dans le reportage, plusieurs téléspectateurs prennent contact avec les services de protection de l’enfance, demandant qu’une enquête soit lancée au sujet du chanteur. L’enquête débute dans le plus grand secret le 14 février 2003, soient 8 jours après la diffusion du documentaire de Martin Bashir. C’est précisément à cette période que, selon Gavin Arvizo, Michael Jackson aurait abusé de lui, entre le 20 février et le 12 Mars 2003. Ces dates, mentionnées sur l’acte d’accusation, ont suscité bon nombre d’interrogations lors du procès : le chanteur aurait abusé de l’enfant à la période exacte où police et services sociaux menaient une enquête à son sujet…
La DCFS (Département des Services à la Famille et à l’Enfance) envoie peu après plusieurs travailleurs sociaux interroger la famille Arvizo. Au cours de cet interrogatoire, Gavin réaffirme, comme sur la vidéo tournée par Christian Robinson, que Michael Jackson n’a pas eu de comportement déplacé à son égard. L’enregistrement de l’entretien figurera également parmi les pièces à conviction du procès. Parallèlement, entre le 16 février et le 16 Avril, la police mène sa propre investigation, elle aussi secrète. Les deux enquêtes aboutissent aux mêmes conclusions : les inquiétudes des téléspectateurs concernant le comportement de Michael Jackson sont infondées. Rien ne permet d’attester qu’un abus sexuel a pu être commis.
Peu de temps après la clôture des enquêtes, Janet Arvizo – la mère de Gavin – va trouver non pas la police mais un avocat, Larry Feldman… qui est précisément le même avocat que celui qui a pris en charge Jordie Chandler, le garçon ayant accusé Michael Jackson en 1993. Elle raconte que son fils a été abusé. La famille est redirigée vers le psychologue Stanley Katz, qui recueille le récit des abus présumés. Dans ce même entretien, Gavin Arvizo déclare être au courant que Michael Jackson a déjà été poursuivi pour des accusations similaires. Suite à la conversation, Katz informe les services de police et déclare dans un entretien téléphonique enregistré à son insu que bien que les accusations lui semblent « crédibles », Michael Jackson « n’a pas vraiment le profil d’un pédophile mais plutôt celui d’un enfant de dix ans ».
Le 18 Novembre 2003, le procureur général du Comté de Santa Barbara, Tom Sneddon (le même procureur que celui ayant officié dans l’affaire Chandler) lance officiellement les poursuites. 70 shérifs investissent le ranch Neverland pour une perquisition de grande envergure, tandis qu’un mandat d’arrêt est lancé contre Michael Jackson. Le 20 novembre, la star se présente face à la justice après avoir obtenu de la police l’autorisation d’être arrêté hors de la portée des caméras, décision destinée à lui épargner l'humiliation de se présenter menottes aux poignets devant le monde entier. Quelques clichés feront néanmoins surface, pris lors de son arrivée dans les locaux de la police. Son passeport lui est alors confisqué et il obtient sa remise en liberté en l’échange du versement d’une caution de 3 millions de dollars. Il expliquera avoir été victime de mauvais traitements lors de cette garde à vue, produisant des photos pour justifier ses dires, lors d’une interview accordée au journaliste Ed Bradley le 25 Décembre 2003 (lire ici).
AUDIENCES PRELIMINAIRES
Au cours de l’année 2004, plusieurs audiences préliminaires sont organisées devant la justice. C’est à cette période que médias et grand public prennent connaissance des faits qui sont reprochés à la star. Le procès est inévitable dans cette affaire : en effet, suite à l’affaire Chandler, le procureur Tom Sneddon a fait modifier la loi californienne. Désormais, il est impossible de régler une affaire comme celle impliquant les Arvizo par un versement financier, ce afin d’éviter que témoins et victimes présumées soient achetés par la défense.
Les médias demandent très rapidement au juge (février 2004) l’autorisation de placer des caméras dans la salle d’audience pour filmer les débats, autorisation qui leur sera refusée par le juge en charge de l’affaire, Rodney Melville (nommé en décembre 2003). Celui-ci veut à tout prix éviter un procès-spectacle comme cela a pu être le cas quelques années plus tôt avec l’affaire O.J. Simpson.
Dans le camp Jackson, la défense s’organise avec l’entrée en scène d’un avocat qui jouera un rôle déterminant au cours du procès : Thomas Mesereau. Dès qu’il prend en charge le dossier, il opère une profonde restructuration dans l’entourage de Michael Jackson, écartant notamment toutes les personnes qui cherchent selon lui à profiter de l’affaire pour briller sous les projecteurs… Il écarte également bon nombre de gardes du corps du chanteur rattachés à l’organisation politique et religieuse Nation of Islam, notamment pour éviter que l’affaire dérive vers des interprétations raciales. De son côté, Michael Jackson met en place un site officiel, MJJ Source, qui diffusera des informations sur l’affaire au public.
Accusation et défense passent la majeure partie de l’année 2004 à alimenter leurs dossiers respectifs .
# la défense prend connaissance du passé douteux de la famille Arvizo, sur lequel nous reviendrons plus tard. Au vu des éléments en leur possession, les avocats demandent au Juge qu’une expertise psychiatrique soit pratiquée sur les accusateurs, ce qui est refusé par Rodney Melville. Ils tentent aussi d’écarter Tom Sneddon du dossier en déposant une motion : ils y expliquent que, selon eux, le procureur « a fait de cette affaire un cas personnel. » Motion rejetée.
# l’accusation contacte les protagonistes de l’affaire Chandler pour leur demander de témoigner. Tous refuseront hormis la mère de Jordie Chandler, June, qui n’est plus en contact avec son fils depuis près de 10 ans. Tom Sneddon retourne à Neverland pour une autre perquisition et oblige Michael Jackson à se soumettre à un test ADN.
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