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Les secrets de l'écriture de Michael Jackson (graphologie) |
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ANALYSE DE L'ECRITURE DE MICHAEL JACKSON
Nous avons pris quelques précautions préalables à cette analyse: la graphologue qui l'a réalisée ne savait pas à qui appartenait l'écriture (pour ne pas qu'elle soit influencée par ce qu'elle sait de Michael Jackson). Nous lui avons présenté un premier échantillon d'écriture réel, sur papier (pas une photocopie)... La présentation d'un échantillon réel permet de tenir compte de la "pression" de l'écriture (le stylo appuie-t-il fort sur le papier ou pas ?). Ensuite, nous lui avons soumis un second échantillon, cette fois-ci une photocopie, dans lequel Michael Jackson avait une écriture totalement différente. Sachez également que cette analyse graphologique est sommaire. Une analyse complète ne peut se faire qu'avec la coopération de la personne elle-même, ses précisions sur son vécu, parfois à l'aide de textes "standardisés" qu'on lui demande de recopier.
La graphologue: L’ensemble graphique est assez « désarticulé » c’est-à-dire un peu éparpillé : ça traduit la rêverie, la distraction, voire les absences de la personne. L’écriture est plutôt inégale : si vous observez la page dans son ensemble, vous constatez que l’ensemble est mal structuré, les lettres sont de taille inégale, pas toujours bien formées. Est-ce que cette personne connaît de graves difficultés dans sa vie personnelle ?
Elusive Shadow : Il a traversé des moments difficiles, oui. Maintenant, je ne sais pas comment il les a supportés.
La graphologue: Quel âge a cette personne ?
Elusive Shadow : 48 ans.
La graphologue: C’est la première fois que je rencontre ce type d’écriture. Le graphisme est parfois très déstructuré chez les enfants mais on retrouve quand même une certaine cohérence avec les modèles d’écriture enseignés à l’école. Là, vous voyez, vous avez des marques de personnalisation, d’appropriation de l’écriture qui sont caractéristiques de l’adulte : en grandissant, en vieillissant, l’écriture est progressivement marquée par les évènements qui surviennent dans la vie de la personne et donc elle a tendance à s’écarter de la calligraphie scolaire. Et en même temps, dans cet échantillon, il y a beaucoup d’irrégularités, de déséquilibres… C’est ce que l’on retrouve chez des gens qui n’ont pas l’habitude d’écrire, chez les enfants ou… chez les étrangers, parfois ; est-ce que l’anglais est sa langue maternelle ? Parce que les personnes qui ont appris à écrire dans une autre langue, par exemple sous forme de pictogrammes, peuvent avoir des difficultés à former les lettres…
Elusive Shadow : Oui, c’est sa langue maternelle.
La graphologue: Ecoutez, cela peut signifier plusieurs choses et je ne peux pas faire une interprétation sûre sans connaître véritablement l’histoire de cette personne… mais une écriture de ce type peut traduire un état dépressif, une difficulté à prendre des décisions, un perfectionnisme envahissant…
Elusive Shadow : Pourquoi du « perfectionnisme » ? Un perfectionniste aurait plutôt tendance à former de belles lettres, avec application, non ?
La graphologue: Il y a plusieurs manières d’être perfectionniste... La personne peut ne pas être appliquée dans son écriture mais concentrée plutôt sur la finalité de celle-ci. Si elle écrit par exemple une lettre de motivation et qu’elle cherche à bien faire… certains vont se concentrer davantage sur la forme, d’autres seront perfectionnistes sur le fond, le contenu… Et une écriture très déséquilibrée peut traduire un désir de « faire vite et bien ». Vous remarquez d’ailleurs dans votre échantillon que lorsque la personne fait une faute, elle ne cherche pas à réécrire par-dessus, elle raye et recommence à côté, il n’y a pas de rupture du cours de sa pensée, de retour en arrière. Il garde probablement en permanence à l’esprit la finalité de sa lettre. Savez-vous dans quelles circonstances il a écrit cette lettre ?
Elusive Shadow : Il l’a écrite à une personne qui l’a soutenu dans un moment difficile, pour la remercier.
La graphologue: Dans ce cas il faut sans doute l’entendre comme un besoin de sécurité, de stabilité. Cette écriture est assez paradoxale : cet homme a sans doute un profond manque de confiance en lui car son écriture n’est pas du tout constante… et en même temps, il a ce qu’on appelle un graphisme « progressif », c’est-à-dire que ses lettres vont dans le sens où va l’écriture, vers la droite, ce qui témoigne généralement d’une confiance en l’avenir, en lui-même, d’un certain courage et d’une ouverture vers les autres.
Elusive Shadow : C’est quelqu’un qui côtoie beaucoup de monde dans sa profession. Mais on peut avoir du courage tout en manquant de confiance en soi, non ?
La graphologue: Généralement, le manque de confiance est plutôt un frein à la réalisation. Quelqu’un qui manque de confiance en soi va être hésitant… à moins qu’il ne convertisse ça dans un grand perfectionnisme : être sûr que les choses soient bien faites, quitte à y prendre beaucoup de temps, est une manière de se protéger de ses propres failles. Mais vous voyez, c’est vraiment un trait marquant de cette écriture : la personne a sans doute l’impression de ne pas maîtriser quoi que ce soit dans sa propre vie, cela le rend anxieux et l’amène à chercher cette confiance dans les autres, dans l’avenir, il réclame de la stabilité, de la sécurité, un socle. Vous voyez, sur la fin de certains mots, comme sur son ‘e’ à la fin de ‘please’, il y a une chute de la lettre, la fin du mot descend complètement dans la partie inférieure de sa ligne ; il y a beaucoup de changements de rythme, parfois ses lettres sont très étalées, parfois elles sont serrées. Il doit être très émotif. Pour ce qui est de son rapport aux autres, on a vu auparavant qu’il semblait plutôt ouvert aux autres : je dirais même qu’il s’efface complètement par rapport aux autres.
Elusive Shadow : Qu’il ne se met pas en valeur ?
La graphologue: D’une part, il ne se met pas en avant, il ne doit pas être vaniteux ni orgueilleux, son écriture est surtout condensée en zone médiane, ses majuscules ne sont pas travaillées, il ne fait pas de fioritures, de grandes boucles. Mais je vais même plus loin : il s’efface. En graphologie, il est très intéressant d’étudier comment la personne écrit le mot ‘Je’. En l’occurrence, ici c’est ‘I’ puisqu’il écrit en anglais. Et vous trouvez soit des ‘I’ très petits, soit il les fait d’une curieuse manière, en faisant une sorte de boucle, de croix. Un ‘Je’ très discret… Il doit être timide.
Elusive Shadow : à votre avis, quelle profession exerce cette personne ?
La graphologue: Alors, rassemblons les éléments dont nous disposons : il côtoie beaucoup de monde, a confiance en l’avenir mais actuellement manque de stabilité, est ouvert aux autres et exprime peu ce qu’il ressent, il est très émotif et sans doute assez discret, le genre de personne qui cherche à passer inaperçue. Si vous me le permettez, je vais éliminer certains métiers : tous les emplois du commerce, de la politique, la médecine aussi, parce qu’il n’est pas assez sûr de lui… Je le vois bien travailler dans l’humanitaire mais sur le terrain : les bénévoles des grandes associations sont souvent comme ça : ils accomplissent de grandes choses, voient beaucoup de monde mais ne se mettent pas du tout en avant. Ou alors dans un métier en contact avec la nature. Ou c’est un poète, un rêveur…
Elusive Shadow : D’accord. Pouvez-vous regarder cet autre échantillon d’écriture et nous dire très brièvement ce que vous en pensez ? C’est un message écrit par un homme d’une trentaine d’années à une femme avec qui il flirte (c’est une dédicace de Michael Jackson à Tatiana Thumbtzen, sa partenaire dans ‘The Way You Make Me Feel’ et avec qui il aurait eu une relation).
La graphologue: Alors…en quelques mots, l’écriture est régulière, les lignes sont droites, le tracé est équilibré, la pression est égale sur chaque lettre. Les majuscules sont travaillées, l’écriture est soignée, appliquée. Les lettres sont petites et les majuscules assez grandes, en terme de proportions : désir d’affirmation de soi et en même temps une certaine timidité…
Elusive Shadow : Si maintenant je vous dis que ce texte a été écrit par la même personne que le premier texte ?
La graphologue: La même ?
Elusive Shadow : Oui, il s’agit du même homme, à 30 ans et à 48 ans.
La graphologue: C’est très très surprenant. Mais cela permet d’éliminer aussi d’autres hypothèses que j’avais faites, le fait que cette personne n’avait peut-être pas l’habitude d’écrire. Visiblement, il est capable d’avoir une écriture régulière et élégante.
Elusive Shadow : Je vais maintenant vous en dire un peu plus sur cet homme. Il a vécu selon ses dires une enfance difficile, avec beaucoup de violence, a commencé à travailler très jeune et donc a été déscolarisé précocement. A l’âge de 35 ans il a connu dans sa vie personnelle un évènement qui l’a fortement ébranlé (Note : l’affaire Chandler) et un second évènement, au début de l'année 2005, qui l’a aussi gravement touché.
La graphologue: Cela peut expliquer le changement d’écriture… Mais c’est sans doute aussi le fait qu’il s’adresse à une femme, dans ce deuxième échantillon, une femme qu’il aime. Il doit montrer qu’il ‘assure’, qu’il est le mâle protecteur, si vous me le permettez… Dans la première, il écrit à une personne qui l’a épaulé et donc à qui il n’a pas besoin de cacher ses difficultés.
Elusive Shadow : Il s’agit de l’écriture de Michael Jackson.
La graphologue: Ah oui ? Ah, c’est très surprenant… Je m’attendais plus à quelqu’un, comment dire, qui soit sous les ordres d’une autre personne, pas à quelqu’un d’autonome professionnellement. Je ne voyais pas ça comme étant l’écriture d’un meneur, d’un leader. En même temps, cette écriture est très paradoxale…
Nous avons par la suite sollicité un second avis à titre consultatif auprès d'une autre graphologue (et toujours sans annoncer que l'écriture appartenait à Michael Jackson). Elle a rendu à peu de choses près les mêmes conclusions et a principalement insisté sur le caractère paradoxal de l'écriture: d'une part, un côté un peu "brouillon", désorganisé, déstructuré... et d'autre part, de la suite dans les idées (rythme d'écriture rapide, sans retour en arrière, etc). Au jeu des devinettes, elle s'est montrée plus proche du métier réel de Michael Jackson, puisqu'elle nous a déclaré: "On retrouve ce genre d'écriture chez les artistes, qui ont souvent cette double personnalité: complètement hors du temps, hors du monde, dans un univers mou, flexible et sans limites quand ils créent... et complètement cartésiens quand ils sortent de leurs phases créatives".
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