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Michael Jackson dans Geraldo At Large (Février 2005) |
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En février 2005, alors que le procès pour pédophilie de Michael Jackson vient officiellement de débuter à Santa Maria, Californie, le présentateur américain Geraldo Rivera reçoit le chanteur dans son émission "Geraldo At Large". Michael Jackson est soumis à la loi du bâillon, qui lui interdit de discuter de l'affaire en public. Malgré tout, il accepte de revenir sur sa passion pour la musique, sur ses relations avec sa famille, sur sa paternité et sur sa carrière.
Comment ça va, mec ?
Michael Jackson : Et toi ?
Ca fait plaisir de te voir. Tu arrives encore à garder le sourire ?
Bien sûr, je souris sans arrêt.
Tu souris quand tu es dans un studio d’enregistrement comme celui-là, à faire de la musique?
Bien sûr, j’adore la musique.
Est-ce que c’est agréable de se remettre à la musique ?
C’est fantastique. Parce que... aaah, c’est ma vie. C’est ce que j'aime faire.
Tu as traversé pas mal de perturbations, veux-tu nous parler de ton état d'esprit ?
Je vais bien, Geraldo, et toi ?
En dépit de tout ce qui passe sur Terre, tu vas bien ?
Je vais très bien, merci.
Tu sais, c’était merveilleux de te voir avec les enfants. Ca, je crois, c’est le vrai Michael Jackson tel qu’on ne l’a pas montré… toi avec tes enfants, l’un encore bébé, les deux autres plus grands… Je ne sais pas comment tu fais pour gérer tout ça sans nounou.
Eh bien, j’apprécie de prendre soin de mes enfants moi-même, c’est… c’est un vrai plaisir et c’est pour ça que je les ai eus, pour m’occuper d’eux. C’est un bonheur total, c’est un plaisir, ça me rend heureux et ça me fait rire et tu sais, ils sont adorables.
Je te vois un peu comme une sorte d'arbitre entre les chaînes de télévision Nickelodéon et Disney Channel. Tu as des problèmes très complexes à résoudre d’un côté. D’un autre, tu as une vie plutôt normale. Ca fait plaisir à voir.
Merci. Ce sont eux qui m’apportent ça.
Dis-moi, dis-moi ce que les enfants signifient pour toi, tes propres enfants ?
Ils sont… c’est dur de mettre des mots là-dessus parce qu’ils sont tout pour moi. Comment décrire ce que l’on ressent envers ses enfants? Ils représentent tout pour moi, c'est grâce que je trouve la force de me lever le matin. Je leur prépare le petit-déjeuner, je change les couches; s’ils veulent lire, nous lisons beaucoup, nous jouons à cache-cache, à colin-maillard et on s’amuse beaucoup.
Et tu essaies de leur créer un univers semblable au monde normal ? De toute évidence, ils ne connaissent pas autre chose.
Je fais de mon mieux évidemment.
C’est donc une priorité pour toi.
Oui, bien sûr. Je veux évidemment être le meilleur père au monde.
Savent-ils qui tu es ? Ou ce que tu représentes pour les gens ?
Oui, ils savent. Ils m’ont accompagné dans mes voyages, en limousine au milieu d’une mer de fans.
Est-ce qu’ils aiment ça ?
Ils trouvent ça excitant. Ils veulent que je les emmène sur scène. Ils me cassent les pieds pour monter sur scène avec moi. Donc il est pratiquement sûr que je les emmènerai avec moi et laisserai le monde les voir pour la première fois.
Ils ne disent pas "Papa, je veux rentrer à la maison et regarder Nickelodéon" ?
(Michael Jackson rit) Bien sûr, bien sûr...
Ils font ça aussi.
Oui.
Alors comment te sens-tu d’être ici de nouveau, d’être de nouveau en studio d’enregistrement, de te consacrer de nouveau à la musique ? Est-ce un soulagement, dans un sens ?
C’est un grand soulagement. Je me sens comme si j’étais complètement chez moi. Je suis dans mon élément. Ce pour quoi je suis ici. Toutes les formes d’art… ça pourrait être un film, tu sais, la musique, tout type d’art, j’adore ça…
Donc c'est dans le rôle de – je reprends la citation - King of Pop que tu te sens le plus à l’aise ? Ou est-ce dans le processus créatif ?
Le processus créatif, oui. Je suis obsédé par ça…
Je t’ai vu avec Randy ; la manière dont vous êtes tous les deux, ça me fait vraiment penser à la manière dont on se comporte avec mes frères. Qui est le chef ?
Randy.
Ce n’est pas ce que j’ai vu ! Mais… tu as confiance en ta famille.
Bien sûr, on doit…
Est-ce que pour toi "la famille passe avant tout" ? Quel est ton point de vue sur cette question ?
La famille, ça représente tout. Et surtout beaucoup d’amour. C’est ce qu’on nous a enseigné. Nous sommes amis à la vie à la mort, c’est ça qui est important. En dehors de ce que dit le public ou la presse, nous sommes des amis. Nous nous aimons beaucoup les uns les autres.
Alors, est-ce que ta famille est très soudée malgré tout ce que disent les tabloïds ?
C’est du sensationnalisme.
Comment gères-tu ça ?
Comment je gère le sensationnalisme ?
Oui. Comment vis-tu le fait que le moindre aspect de ta vie soit magnifié, exagéré, presque jusqu’à en devenir grotesque?
C’est comme regarder un film de fiction. Parce que c’est de la fiction. C’est comme regarder de la science-fiction. Ce n’est pas vrai. Je me connais et c’est triste que les gens lisent ces choses là et les croient.
Est-ce que ça te donne envie de tenir une conférence de presse chaque semaine pour leur dire "voici la rumeur du jour, ce n’est pas la vérité" ?
Je sais qu’à un moment donné, la vérité prévaudra et c’est ce qui m’importe.
J’ai fait des recherches et je n’ai trouvé personne qui ait été plus poursuivi en justice que toi, pour les raisons les plus dingues. Un de tes avocats m’a dit qu’une femme appelée Billie Jean Jackson avait appelé en déclarant "arrêtez d’accepter les chèques, Maître, je suis sa femme". Billie Jean faisait de toute évidence référence à ton tube du même nom. Comment fais-tu…. Non, d’abord, est-ce que ça t’affecte ?
Est-ce que ça m’affecte ? Oui, mais d’une certaine manière je suis immunisé, j’ai la peau dure mais en même temps je suis humain. Certaines choses peuvent me blesser mais je reste fort. Simplement, je n’apprécie pas que les gens entendent de fausses informations.
Par exemple, est-ce vrai que tu es devenu le père de quadruplés l’an dernier ?
C’était une rumeur dingue.
Ensuite on a dit que c’étaient des jumeaux, sans préciser ce qu’il était advenu des deux autres, peut-être ont-ils été enlevés par des aliens ?
J’ai été mis au courant de cette histoire et non, je n’ai pas de jumeaux. Ils disent que je les cache... Une autre rumeur complètement inventée.
Donc c’est complètement faux.
Plus grande est la star, plus grande est la cible. Je n’essaie pas de dire que je suis la plus grande mégastar qui existe, je ne dis pas ça. Je constate simplement que quand on devient célèbre, on devient des cibles. Mais la vérité se fait toujours connaître à un moment donné. Je crois en ça. Je crois en Dieu, vous savez ?
Est-ce que cette foi t'aide à tenir le coup ?
Bien sûr, oui.
Et l’amitié?
L’amitié?
Est-ce que tu comptes sur tes amis? Est-ce qu’il y a des gens qui sont restés avec toi même dans les mauvais moments ? Qui sont tes meilleurs amis ?
Mes enfants, ma famille, mes frères et soeurs et, oui, il y a des gens qui sont restés. La plupart sont restés.
Tu veux bien nous dire le nom de tes amis ?
Ceux qui sont dignes de confiance, vous ne les connaîtriez pas… donc c’est…
Elizabeth Taylor ?
Oh, elle est très fidèle, je la vois tout le temps. C'est une amie très chère, j’étais chez elle, justement, il n’y a pas longtemps. Nous avons d’extraordinaires conversations téléphoniques la nuit, parfois plusieurs fois par semaine…
Depuis combien de temps êtes-vous amis ?
Je suis proche d’elle depuis que j’ai 16 ans…
Et tu fais de la musique depuis que tu en as 5…
Oui.
Donc c'est la cinquième décennie que tu passes à faire de la musique. 40 ans…
Oui.
Et tu n’en as jamais marre ?
Non, non, je n’en ai jamais assez!
Vraiment? Et tu n’en as jamais marre de Randy?
(Michael Jackson éclate de rire)
Il [Randy] est là, Mesdames et messieurs!
Jamais, jamais. Il est extra. Il me soutient et il est très brillant.
Donc ils [vos frères et soeurs] sont tous différents. Votre famille entière est dingue, excentrique… exactement comme la mienne.
Chaque frère ou sœur est totalement différent, comme dans chaque famille, vous retrouvez un éventail de personnalités différentes… c’est ce qui fait la richesse d'une famille.
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