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Michael Jackson dans Geraldo At Large (Février 2005)
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Michael Jackson dans Geraldo At Large (Février 2005)
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Quand on est autant épié par tout le monde, comment peut-on avoir une vie normale ? Peux-tu t’amuser en dehors de ta propre maison ?
Non. Je sors de chez moi, parfois, mais je ne peux pas le faire tout le temps. Je crée mon monde derrière les portes de ma propriété, tu sais, parce que je ne peux pas aller au petit cinéma local ou au parc municipal du coin de la rue, aller acheter une glace au marché ou dans un magasin. Ca donne envie de recréer ce monde chez soi et c’est ce que j’essaie de faire. Ce n’est pas juste pour moi, je le partage avec ma famille, mes amis ou d’autres personnes.

Et c’est justement ça, ce que tu fais pour protéger un semblant d’intimité, qui donne lieu aux rumeurs et aux spéculations. C’est quelque chose de difficile que tu dois endurer. Mais tu ne te plains pas, pourtant ?
Non, j’essaie de ne pas y prêter attention.

Que voulais-tu dire à propos des enfants en détresse ? Tu as mentionné la solidarité avec les victimes du tsunami ? Est-ce ta propre paternité qui motive tout ça ?
Je m’en soucie. Je lis la Bible, j’apprends des choses sur Dieu, Jésus, l’amour. Il a dit "faites des enfants", "imitez les enfants", "soyez comme les enfants" et "prenez soin des autres". Prendre soin des personnes âgées. Nous avons été élevés avec ces valeurs. Ce sont des valeurs très importantes, ma famille et moi avons été élevés dans cet esprit et c’est encore, à l'heure actuelle, quelque chose qui compte beaucoup pour moi.

Tsunami Comptes-tu refaire des films ? Il y a eu The Wiz et d’autres mais ça fait un certain temps qu’on ne t’a pas vu sur grand écran.
Je compte en réaliser moi-même. J’aime réaliser. J’aime la créativité et je pense que quand un artiste se lance dans une production de ce type, ça lui permet d’exprimer la manière dont il voit les choses. Je ressens ça et je le vois. Je suis un visionnaire. Si je peux apporter quelque chose, alors je le fais et c’est ce que j’aime faire avec la musique, la danse et les arts.

Et tu penses que l’art joue un rôle dans la vie de tous les jours ? Je fais allusion à ce disque que tu prépares pour contribuer à aider les victimes du tsunami.
J’ai vu ça le lendemain de Noël et les chiffres ne cessaient de grimper (Le chanteur fait allusion au nombre de victimes), c’était hallucinant et je ne parvenais même pas à réaliser que c’était vrai. J’étais stupéfait. Je me suis dit que je devais faire quelque chose. C’est pour ça que Dieu nous donne du talent. Pour donner, aider les gens… Donc moi et mes frères avons décidé de faire une chanson ensemble.

Tu as décroché le téléphone et dit "hey, les gars" ? Qu’as-tu dit ?
On a juste décidé qu’on voulait faire quelque chose en studio pour les victimes du tsunami. Allons-y, organisons ça. Et ils ont été d’accord.

Maintenant, tu es de retour et je pense que les gens vont apprécier ce retour. Est-ce que tu aimerais apporter un peu d’exaltation dans un monde où tu pourrais te concentrer sur ton art et sur tes enfants ?
J’aimerais ça. Je veux dire par là que c’est ce qui me conduit. L’art. C’est dans ce milieu que je me sens le plus à l’aise.

A Gary, dans l’Indiana, aurais-tu deviné ce que serait ta vie quand tu aurais 46 ans ?
Jamais je n’aurais imaginé. Je savais que je voulais faire quelque chose de merveilleux toute ma vie, aider les gens mais je n’y pensais jamais vraiment quand j’étais tout petit. Je chantais et dansais, c’était tout et je ne comprenais pas pourquoi les gens applaudissaient, tapaient des mains et criaient. Vraiment, on n’y pense pas. On ne comprend pas pourquoi…

Quand on grandit comme ça, sur scène, à quel moment on comprend ? Quand as-tu compris ce que tu représentais pour la société ?
Ca prend du temps quand on grandit. On acquiert une personnalité plus affirmée, on réfléchit davantage. On commence à raisonner et à comprendre plus de choses…

N’est-ce pas agréable d’avoir une conversation à la télévision où les gens peuvent simplement voir à quel point tu es normal, ordinaire, la tête sur les épaules ?
Je suis comme ça tout le temps. Je suis juste moi-même.

A un moment donné, Michael Jackson et ses frères se sont séparés artistiquement, le moment de vos retrouvailles est-il enfin arrivé ? De toute évidence, tu poursuis ta carrière solo mais quel est ton grand projet à ce stade de ta vie ? Qu’est-ce qui a été inachevé ? Qu’aimerais-tu faire ?
Il y a beaucoup de surprises. Des films. J’adore les films. C’est innovant et c'est une autre manière de communiquer. J’ai utilisé la vidéo musicale comme un moyen de communication pour m’emmener au niveau supérieur. Ca me plaît beaucoup.

Est-ce que parfois tu regardes en arrière pour contempler ta carrière, 'oh mon Dieu Thriller est l’album le plus vendu de tous les temps', est-ce que parfois tu te plais à penser à ça ?
J’essaie de ne pas trop y penser parce que je ne veux pas que mon inconscient pense que j’ai fait tout ce qu’il y avait à faire, que maintenant c’est bon. C’est pour ça que je ne mets pas les awards ou les trophées dans ma maison. Tu ne trouveras pas un seul disque d’or chez moi. Parce que ça te fait penser à ce que tu as accompli. Mais je veux toujours me dire que non, il y a des choses que je n’ai pas encore faites.

Tu es le "Roi de la Pop" et maintenant, je regarde certains de ces artistes, il y a 50 Cent et un autre, j’ai oublié son nom. Ils sont très connus parce qu’ils ont survécu à des attaques violentes où ils ont failli mourir et ils font un genre de hip hop. C’est une ère différente dans la musique populaire. Penses-tu, à l’avenir, être davantage comme eux, plus urbain… ou est-ce que le monde reviendra à une pop et un rock plus traditionnels ?
La grande musique et les grandes mélodies sont immortelles. La culture change, la mode change alors que les coutumes et la grande musique sont immortelles. Aujourd’hui encore on écoute Mozart, Tchaïkovski, Rachmaninov et tous les grands. La grande musique, c’est comme les grandes sculptures, les grands tableaux. C’est éternel. On ne peut pas le nier.

J’ai interviewé Barbara Streisand à un moment charnière de sa carrière, elle s’apprêtait à faire des duos avec les Bee Gees et d’autres artistes populaires, et il faut reconnaître qu'elle a plus ou moins changé de tempo pour surprendre les gens.
J’ai déjà fait ça avant… Je ne rappe pas vraiment, mais je pourrais. J’ai écrit des chansons avec des couplets en rap dedans pour des rappeurs très célèbres mais ils sont bien meilleurs que je le suis.

Est-ce que tu apprécies d’avoir, en dépit de ta solitude et du fait que tu sois célèbre depuis longtemps, ce qui semble être une relation passionnée et profonde avec ta communauté ? Est-ce que ça t'aide ? Es-tu d’accord avec moi ?
Oui, bien sûr, c’est important de bien s’entendre avec les gens qui nous entourent.

Mais d’où est-ce que c’est venu? Cet amour instinctif que tu as envers les autres ?
Je pense sincèrement que ça vient de ma mère et de Dieu. La manière dont on a été élevés. Les valeurs que mon père nous a inculquées dans l’enfance. Elle était toujours avec sa Bible à nous apprendre des choses… Nous assistions toujours aux offices religieux, quatre fois par semaine, et je suis très heureux qu’on l’aie fait parce que ces valeurs sont très importantes. Je ne sais pas si nous aurions si bien réussi sans ça.

Michael Jackson - Geraldo Rivera Passes-tu encore du temps avec papa et maman ? Ils ne sont pas loin d’ici, n’est-ce pas ? Quelle est ta relation avec eux ?
Je suis proche de ma mère. C’est merveilleux. A mon âge, on tend à apprécier davantage nos parents et ce qu’ils ont fait pour nous. On fait le point sur sa vie et sur toutes les choses merveilleuses qu’ils ont instillées en nous. On ouvre les yeux sur beaucoup de choses. Je reconnais en moi certains traits que j'ai hérités de mon père ou de ma mère.

Mon ami Cheech - que tu connais, dont le partenaire Tommy Chong (de "Bobby Taylor and the Vancouvers") vous a découvert, a dit que plus il vieillissait, plus il voyait le reflet de son père dans le miroir. Ressens-tu quelque chose de similaire ? As-tu l'impression de devenir comme ton père ?
Par certains côtés, je ressemble beaucoup à mon père. Il est très fort. C’est un guerrier. Il nous a toujours appris à être courageux et confiants, à croire en nos idéaux. Que quoiqu’il arrive, aucune étoile n’est trop haute pour qu’on ne puisse l’attraper, qu'il ne fallait jamais abandonner. Et notre mère aussi nous a appris ça.

Donc tu es aussi un guerrier.
Absolument.

C’est comme ça que tu te vois ? Peux-tu nous en dire davantage sur la manière dont tu te perçois ?
J’essaie d’être gentil et généreux, de donner aux gens et d'agir conformément à ce que Dieu attend de moi. Parfois je prie et je dis "et après, mon Dieu, que veux-tu que je fasse ? Que veux-tu que j’entreprenne ?". De ce point de vue là, j’ai toujours été très spirituel. Rien de nouveau.

As-tu vu le film "Finding Neverland" ou lu des choses au sujet de J.M. Barrie, l’homme qui a écrit Peter Pan ?
Je sais beaucoup de choses à propos de M. Barrie et je suis un grand fan depuis de très, très, très nombreuses années.

Tu sais sûrement qu’il a eu, comme toi, une route semée d’embûches. Je ne veux pas qu’on s'engage trop loin sur ce terrain là. Dis nous ce qui t'a amené à créer Neverland. Il y a en quelque sorte deux Neverland, non, trois. Il y a le Neverland de Peter Pan, celui qui existe dans l’esprit de Michael Jackson et puis l’endroit géographique que tu as créé, la propriété où je t’ai rendu visite et où tu accueillais des enfants défavorisés. Pourquoi as-tu créé cet endroit ?
J’ai créé Neverland comme une maison pour moi et mes enfants, je l’ai créé simplement, c’était comme si ça se faisait inconsciemment, comme je l’ai dit plus tôt. Je me demandais où aller. Et c'était une question compliquée. J’ai déjà essayé de sortir dehors "en étant moi-même" et des policiers m’ont ordonné "Mettez un déguisement ! Et signez-moi un autographe pour ma femme". Ils m’ont demandé pourquoi j’étais dehors tout seul, sans service de sécurité. Je ne peux pas le faire. Je le fais parfois mais c’est difficile.

Mais tu possédais Neverland avant d’avoir des enfants, était-ce pour toi ? Les animaux exotiques, étaient-ils pour Michael Jackson ?
Pour moi et pour les partager avec d’autres. Ca m’a donné l'opportunité de faire tout ce que je n’ai pas pu faire quand j’étais petit. Nous ne pouvions pas aller au cinéma. Nous ne pouvions pas aller à Disneyland. Nous ne pouvions pas faire toutes ces choses amusantes. Nous étions en tournée. Nous travaillions dur. Et nous aimions ça. Neverland m’a permis d’avoir un endroit où, derrière les grilles de ma propriété, je retrouve tout ce que j'aime.

Tu as créé, comme Barrie, un monde imaginaire, mais est-ce qu'il t'arrive de te dire que tu as passé l’âge ? Penses-tu parfois que c’est idiot d’avoir des lamas, des locomotives à vapeur et des attractions ?
Si je le faisais, ce serait comme si je traitais Dieu d’idiot parce que c’est Dieu qui fait les choses comme ça. Les autres hommes ont leurs Ferrari, leurs avions, leurs hélicoptères ou tout ce qui fait leur bonheur. Mon bonheur est de donner, de partager et de m’amuser tout simplement.

Parlons de ta maison. Comparée à la grandeur de Neverland, ta maison est plutôt modeste. Quant à ton style, je n'y vois rien de clinquant. Comment se fait-il que tu n’aies pas de gros diamant gravé à ton nom ?
Je suis modeste de ce point de vue. Si j’en avais un, je le donnerais probablement au premier gosse qui me dirait "wow, j’aime ton collier". Quand j'étais petit, j'ai rencontré des stars comme Sammy Davis, Fred Astaire, Gene Kelly… si j’admirais quelque chose qu’ils portaient, s'il m'arrivait de dire "J’aime la chemise que tu portes", ils me la donnaient. C’est une caractéristique du show-business. Donner.

 
 
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