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Michael Jackson et Elizabeth Taylor: interview pour le Magazine Talk (Octobre 1999) |
ELIZABETH TAYLOR
Parlez-nous de l’excentricité de Michael Jackson. Est-ce qu’elle vous
dérange ?
Michael est magique. Et je pense que toutes les personnes vraiment magiques doivent avoir cette véritable
excentricité. Michael est l’une des personnes les plus aimantes, adorables et authentiques que j’aie jamais aimées. Il fait partie de mon cœur.
Je ferais n’importe quoi pour lui et il ferait n’importe quoi pour moi.
Comment votre relation avec Michael a-t-elle
commencé ?
Un jour, Michael m’a envoyé 14 tickets pour assister à son concert du Bad Tour... C’était le 27 février 1988, jour
de mon anniversaire. Je ne le connaissais pas vraiment et c’était une surprise pour moi. J’ai emmené ma famille au concert mais les places
étaient dans la section VIP ; il y avait des vitres tout autour de nous et nous étions loin de la scène. Autant regarder le concert à la télé…
Nous sommes donc partis. Michael m’a appelée le lendemain. Il était en larmes et m’a dit « Je suis tellement désolé. Je me déteste ». Nous
avons passé deux heures au téléphone ce jour-là. Les jours suivants, nous nous sommes rappelés. Ca a duré 3 mois comme ça. Nous avons
appris à nous connaître par l’intermédiaire du téléphone. Un jour, Michael m’a proposé de passer me voir. J’étais d’accord. Il m’a demandé s’il
pouvait venir avec son chimpanzé. Il est alors arrivé avec Bubbles. Par la suite, nous ne nous sommes plus quittés. Dernièrement, j’étais
censée aller avec lui en Afrique du Sud.
Pour rencontrer le président Mandela ?
Je l’appelle Nelson. C’est
lui qui m’a demandé. Nelson m’a appelé pour me demander de venir avec Michael. Nous bavardons ensemble au téléphone…
Est-ce que vous voyez souvent Michael ?
Plus que les gens ne l’imaginent. Plus que je ne l’imagine moi-même !
Nous nous déguisons et nous allons ensemble au cinéma. On s’assoit au dernier rang et on se tient la main pendant le film. Tout ce qui
concerne Michael est authentique. Il y a quelque chose en lui qui est si tendre et enfantin. Pas puéril, mais enfantin. C’est une chose que
nous avons tous les deux et à laquelle nous pouvons nous identifier. Nous nous amusons tellement ensemble. Nous jouons, tout
simplement.
MICHAEL JACKSON
Vous vous amusez avec Liz?
Oui. Nous essayons de nous évader et de vivre un rêve. Nous faisons de formidables pique-niques… Je peux vraiment me détendre
avec elle parce que nous avons vécu la même vie, nous avons connu les mêmes expériences.
C’est-à-dire ?
La grande tragédie des enfants stars. Et nous aimons les mêmes choses : les cirques, les parcs d’attractions, les animaux…
Comment décririez-vous Elizabeth ?
Elle est comme une couverture chaude et douillette sous laquelle j’aime me
glisser. Je peux me confier à elle et lui faire confiance. Dans mon métier, on ne peut faire confiance à personne.
Pourquoi ?
Parce qu’on ne connaît jamais ses vrais amis. Quand on est tellement populaire, il y a beaucoup de
gens dans votre entourage. On se retrouve isolé. Le succès est comme une prison. On ne peut plus en sortir et mener une vie normale. Les
gens sont toujours en train de vous observer.
Vous avez connu ça ?
Oh, des quantités de fois. On
essaie de savoir ce que je lis, ce que j’achète. Les gens veulent tout savoir. Il y a toujours des paparazzis qui attendent dehors. Ils
envahissent mon intimité. Ils déforment la réalité. Ils sont mon cauchemar. Elizabeth est quelqu’un qui m’aime, qui m’aime vraiment.
Je lui ai dit que tous les deux, vous étiez comme Peter Pan et Wendy…
Mais Elizabeth est aussi comme une mère
et elle est encore plus que ça. C’est une amie, c’est mère Teresa, la princesse Diana, la Reine d’Angleterre et Wendy.
Parlez-nous encore de la célébrité.
Beaucoup de nos stars sont enivrées par la célébrité. Elles n’arrivent pas à
maîtriser cet état. Votre taux d’adrénaline est au zénith après un concert, vous n’arrivez pas à dormir. Il est deux heures du matin et vous
êtes parfaitement éveillé. Quand on sort de scène, on est sur un nuage.
Comment faites-vous pour maîtriser cet état
?
Je regarde des dessins animés. J’adore ça. Je jouer aux jeux vidéo. Parfois, je lis. J’adore lire des nouvelles ou n’importe quoi
d’autre.
Quels auteurs ?
Somerset Maugham. Whitman. Hemingway. Twain.
Parlez-nous de ces jeux vidéo…
J’adore X-Men, les flippers, Jurassic Park. J’aime les jeux de combat, comme
Mortal Kombat. En général, j’en emmène avec moi en tournée.
Comment y arrivez-vous ? Ce sont plutôt de grosses
machines, non ?
Oh, nous voyageons avec deux gros avions-cargos.
Avez-vous déjà écrit une chanson
en pensant à Elizabeth ?
Childhood.
C’est dans ce morceau que vous dites « Have You seen my
childhood » ?
Oui. Ca fait… (Michael Jackson commence à chanter)… Before you judge me, try hard to love me…
N’ai-je pas entendu cette chanson dans l’un de vos manèges à Neverland ?
Oui, oui !
Vous
avez dit qu’Elizabeth était une source d’inspiration, notamment parce qu’elle a soutenu sa famille dès l’âge de neuf ans…
C’est
quelque chose que j’ai fait aussi. Mon père encaissait l’argent. Une partie des revenus était mise de côté pour moi mais beaucoup d’argent
revenait à toute la famille et je travaillais tout le long.
Si vous pouviez tout recommencer, qu’est-ce que vous
changeriez ?
Bien que j’aie manqué beaucoup de choses, je ne changerais rien.
J’entends vos enfants
dans la pièce d’à côté. S’ils voulaient un jour exercer le même métier que vous, que leur diriez-vous ?
Ils pourront faire ce
qu’ils voudront. S’ils veulent faire ce métier, ça ne me pose pas de problème.
Comment allez-vous les élever par
rapport à l’éducation que vous avez vous-même reçue ?
Ils s’amuseront plus. Ils recevront plus d’amour. Ils ne seront pas
coupés du monde.
Elizabeth m’a dit qu’il lui était pénible de contempler son passé. Est-ce également votre cas ?
Non, ça ne m’est pas difficile, à condition qu’il s’agisse d’une vue d’ensemble de la vie. Ca peut le devenir s’il s’agit de
moments particuliers.
Que voulez-vous dire par « vue d’ensemble » ?
Par exemple, je peux contempler
mon enfance, l’ensemble de mon enfance.
Il y a des moments pendant l’enfance où l’on se sent particulièrement
vulnérable. Avez-vous ressenti cela ?
Parfois, tard dans la nuit, vers 2 ou 3h du matin, nous devions sortir pour aller donner un
spectacle. Mon père nous poussait à y aller. J’avais sept ou huit ans. Il s’agissait de petits concerts dans des boîtes de nuit ou des soirées
privées. Nous devions faire notre numéro. J’étais en train de dormir et j’entendais mon père dire : « Debout ! Il y a un spectacle ! »
Mais lorsque vous étiez sur scène, ne ressentiez-vous pas une certaine excitation ?
Si. J’adorais être sur scène.
J’adorais donner des concerts. Mais je n’ai jamais aimé le contact avec les gens. Même aujourd’hui, je déteste rencontrer des gens après un
concert. Ca me met mal à l’aise. Je ne sais pas quoi dire.
Pourtant, vous avez fait cette interview avec Oprah
Winfrey, n’est-ce pas ?
Avec Oprah, c’était difficile parce que c’était à la télévision. Je n’étais pas dans mon élément. Je
savais que tout le monde me regardait et me jugeait. C’est tellement difficile…
Ce sentiment d’être en permanence
observé est-il récent ?
Non, je l’ai toujours ressenti.
C’est sans doute pour cette raison qu’il était idéal
de faire connaissance avec Elizabeth au téléphone avant de la rencontrer…
En effet.
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