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Paste Magazine revient sur le succès de Michael Jackson (Février 2008) |
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A l'occasion de la sortie de l'album réédition de Thriller en l'honneur du 25ème anniversaire du disque mythique, le magazine culturel américain "Paste Magazine" lui consacre un long article, qui revient sur les symboles émaillant la carrière du chanteur.
Article écrit par Nick Marino / Traduction: ElusiveShadow.com
Le Gant - Le gant, pour commencer. Le gant blanc pailleté soigneusement ajusté sur l'une de ses mains délicates, des mains qui finiraient par symboliser sa libération. Le gant: un accessoire aussi mythique que les lunettes de Woody Allen ou le cigare de George Burns. C'était une cape de Superman plus vraie que nature, un accessoire au pouvoir transformateur. Le gant le rendait mystérieux. Aujourd'hui, nous en savons tous beaucoup trop au sujet de Michael Jackson, jusqu'aux marques distinctives figurant sur ses parties génitales. Dans les années 80, nous, les fans, nous autorisions à nous passionner pour quelque chose d'aussi original que le gant d'une pop star.
Mais pourquoi portait-il ce gant, d'ailleurs ? Qu'est-ce que cela signifiait ? Rien au sujet de cet homme n'était là par hasard: le gant avait sûrement son utilité. Ca ne pouvait pas être une simple recherche de style. Peut-être était-ce un commentaire sur le dualisme de la célébrité: la peau de sa main nue symbolisant le Michael mortel, le doux jeune homme issu d'une région charbonneuse de l'Indiana; et la main gantée représentant le Michael exubérant du show-biz, la superstar chantant, suant et virevoltant sous les projecteurs. Le gant avait aussi une face d'ombre: c'était un fourreau pour des doigts qui glissaient désagréablement vers l'entrejambes du chanteur, des doigts que l'on accuserait d'avoir caressé des petits garçons. Le gant fut un jour ensorcelant et déroutant, un simple accessoire que le contexte a rendu compliqué: qui le portait, et pourquoi.
Maintenant que le Michael acquitté a fui vers là où il est, faisant ce qu'il fait, je me sens nostalgique. Pas seulement de ses vêtements tapissés d'étoiles mais aussi de son sourire timide et de sa voix légère comme une plume, toujours suspendue entre un chuchotement et un éclat de rire. Je regrette aussi l'art qu'il créait pendant cette longue période initiale avant qu'il devienne si étrange que son talent artistique paraît désormais hors sujet. Ces chansons me manquent. Ces pas de danse me manquent. Je regrette à la fois son apparence surnaturelle et sa sensibilité pop exceptionnelle. Mais je regrette aussi ce que nous étions à l'époque où nous le laissions nous entraîner.
Le Moonwalk - Le moonwalk ? Ca laissait tout le monde bouche bée, ce fut l'un des derniers pas de danse à devenir un phénomène culturel. Tout le monde l'avait vu, tout le monde le connaissait, tout le monde était fasciné par cela. (Quand il a exécuté pour la première fois ce mouvement en 1983, pendant un concert célébrant le 25ème anniversaire de la maison de disques Motown, le public a répondu par un hurlement sauvage... ils n'avaient jamais rien vu de tel). Ce n'était pas comme la Macarena, une danse de mariage, un jive dansé par des types ivres dans les stands des matchs de football de la NFL (National Football League). Le moonwalk était transcendant. Nous ne savions pas qu'un corps pouvait bouger de la sorte... Notre corps ne pouvait pas bouger comme ça. Le moonwalk appartenait et appartient encore à Michael. Avez-vous déjà vu quelqu'un d'autre tenter d'exécuter son mouvement légendaire ? C'est pathétique.
Il y a peu de temps, j'ai assisté à un concert de la jeune star du R&B, Chris Brown, qui est une sorte de copie d'Usher moins charismatique, Usher étant lui-même une copie moins charismatique de Michael Jackson. Et lors de ce spectacle, Brown a voulu rendre hommage à quelqu'un qu'il idôlatrait depuis qu'il avait deux ans et sans mentionner le nom de l'artiste, il a enfilé un gant à paillettes et a dansé au rythme de trois vieilles chansons de Michael Jackson. Et quand il fut temps pour lui d'effectuer l'incontournable moonwalk, Brown - qui est en général un excellent danseur - s'est tourné sur le côté et a traversé la scène en marchant à l'envers... Ce n'était que de la marche mais pas de trace de la lune (Note: Moonwalk signifie littéralement "Marche de la lune").
Entre musique et danse - Michael Jackson était probablement le dernier artiste masculin à être aussi célèbre pour sa danse que pour son chant. C'était le cas de Fred Astaire, de James Brown et de Michael Jackson. Aujourd'hui, il nous reste Chris Brown, Usher et Justin Timberlake, dont les gestes scéniques les plus célèbres à ce jour incluent l'arrachage du corsage de la soeur de Michael Jackson (Note: la scène avait fait scandale lors du Superbowl). Quand nos artistes pop masculins cessent de danser, cela signale un changement important dans le rôle que nous attendons qu'ils jouent.
Bien que la danse favorise la grâce à la puissance, elle requiert aussi de formidables talents d'athlète; en d'autres termes, c'est une question d'équilibre. Pourtant, aujourd'hui, nous demandons aux hommes d'être soit durs, soit câlins. Nous voulons qu'ils soient des voyous ou au contraire, des garçons sensibles et émotifs. Le troisième choix, le juste milieu, n'existe plus. Jay-Z ne danse pas. Kenny Chesney ne danse pas. Bono ne danse pas. Quand nous perdons nos danseurs, nous perdons l'éclat et la sensualité, nous perdons la délicieuse interaction entre performance physique et vocale. Nous perdons un niveau fondamental de l'expression humaine. Dans certaines langues africaines, les mots pour dire "musique" et "danse" sont les mêmes. Michael Jackson incarnait cette similitude au cours des années 80. Et depuis, la musique pop a perdu l'équilibre.
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