| Keith Badgery, ancien chauffeur de Michael Jackson, raconte son expérience |
|
Page 1 sur 6 Le 10 Juillet 2002, les éditions Blake Publishing commercialisent un ouvrage de 272 pages rédigé par Keith Badgery. Celui-ci a exercé la profession de "chauffeur de stars" et a notamment travaillé pour Michael Jackson pendant sa tournée Dangerous. Le livre, Baby You Can Drive My Car, difficile à trouver aujourd'hui, consacre deux chapitres à son expérience aux côtés du Roi de la Pop, que nous vous proposons de découvrir sur ces pages.
"L’avion se profila à l’horizon et autour de moi, l’immense foule se mit à gronder. “C’est lui !” s’écria quelqu’un depuis les profondeurs de la mêlée. Cet appel fut repris par un autre fan. “C’est lui ! C’est lui !” L’excitation était palpable tandis qu’un nombre de personnes de plus en plus grand reprenaient en coeur “C’est lui ! C’est lui ! C’est Michael ! Michael !”Ce jour là, à Munich, en 1992, des milliers de gens avaient envahi l’aéroport alors que la plus grande pop star du monde était sur le point de lancer sa deuxième tournée mondiale solo. Et même si la foule se comportait plutôt bien, une sorte d’impatience fiévreuse entourait tout le monde, moi y compris, quand l’avion transportant Michael Jackson se posa sur la piste. Michael est non seulement l’un des plus grands artistes du monde, mais c’est aussi l’un des plus mystérieux, et nous étions sur le point de le voir en personne. J’étais loin de savoir que j’allais entretenir une brève amitié avec l’homme en question et entrevoir les coulisses de la vie d’une légende du show-business. A ce moment là, on était en Juin et c’était le début du Dangerous Tour de Michael, une tournée qui allait battre des records mondiaux et le renforcer encore davantage dans son statut de meilleur artiste de son temps. C’était une aventure remarquable. La première date de la tournée avait lieu le 27 Juin au Stade Olympique de Munich, où Michael se produisit sur scène à guichets fermés devant une foule de plus de 72 000 personnes. La tournée devait durer un an et demi, s’achevant en novembre 1993 à Mexico City ; même si certains concerts furent annulés parce que Michael était malade, il en donna 67 devant environ 3.5 millions de spectateurs. Il versa tous les bénéfices de la tournée à des œuvres caritatives, dont sa propre fondation « Heal The World », et vendit les droits de son concert de Bucarest à HBO pour 20 millions de dollars. Ceci lui permit de battre un autre record du monde, tout comme le fit la diffusion du concert : elle recueillit l’audience la plus élevée de toutes les chaînes câblées – 34% de parts de marché – et le programme remporta le Cable Ace Award. La scène était phénoménale : il fallait trois jours pour la monter et des avions cargo devaient transporter l’équivalent de 20 camions d’équipement dans chaque pays. Quant à moi, j’étais sur le point d’embarquer pour l’une des aventures les plus excitantes de ma carrière. J’allais passer quatre mois comme l’un des chauffeurs de Michael et lorsque son avion se dirigea vers les bâtiments de l’aéroport, s’arrêta et fut instantanément entouré par une escorte de police, j’éprouvai de grandes difficultés à me retenir. Il en allait de même pour la foule. Les hurlements « Michael ! We love you ! » étaient montés crescendo jusqu’à devenir un grondement assourdissant. On avait l’impression que le sol tremblait. Et pourtant, ce n’était rien à côté du moment où la porte de l’avion s’ouvrit et où Michael sortit, portant ses habituels vêtements militaires et un masque rouge et saluant ses fans d’un signe de la main : le bruit que faisait la foule a dû retentir jusqu’au cœur des forêts bavaroises ! La sécurité essayait de contenir la foule déchaînée mais ça frisait l’hystérie collective. J’ai été le chauffeur de quelques-unes des plus grandes personnalités de ce métier mais je n’ai jamais rien vu de comparable à la réaction des gens en présence de Michael Jackson. Pour commencer, sachez que je n’avais aucune responsabilité vis-à-vis de Michael lui-même. Je conduisais la troisième voiture de son escorte, utilisée par ses gardes du corps, tandis que Michael voyageait en général dans un minibus conçu sur mesure, luxueusement aménagé avec le nécessaire pour manger et dormir. Dès le début, on devinait que ce n’était pas une superstar ordinaire. Partout où nous allions, les routes et la circulation étaient stoppées en prévision de son arrivée, une escorte de police nous guidait à travers les villes et la foule devenait complètement dingue. Toutefois, entre deux villes, notre convoi de trois véhicules n’avait pas d’escorte, ce qui donna lieu à un fâcheux incident qui aurait pu mal finir. Michael était dans le minibus et un autre chauffeur – Stan – et moi suivions derrière dans deux voitures différentes. Soudain, mon talkie-walkie crépita : « Keith », me dit Stan, « qu’est-ce qui se passe derrière nous ? » Je jetai un œil dans mon rétroviseur et au départ, je vis quelques motos. Puis d’autres les rejoignirent… et d’autres encore, jusqu’à ce qu’il y en ait plusieurs dizaines à nos trousses. D’un seul coup, je réalisai que nous étions suivis par quelque quarante à cinquante motocyclistes allemands. « Stan, je n’aime pas ça », dis-je dans mon talkie-walkie. « On ferait mieux de faire accélérer le minibus ». Nous mîmes donc tous les trois le pied sur l’accélérateur mais les motos gagnaient du terrain et rapidement, on se retrouva encerclés. Une minute s’écoula et ils se glissèrent entre nos voitures pour tenter de nous séparer. La situation devenait quelque peu effrayante. Puis mon talkie-walkie crépita de nouveau. « Voici ce qu’on va faire », déclara Stan. « Tu te rapproches autant que possible du bord de la route de ton côté et je fais la même chose de l’autre côté. Puis nous avancerons derrière le bus de Michael en formant un V pour le protéger des motos ». C’est ce que nous fîmes et ça fonctionna : les motocyclistes furent contraints de ralentir. Ils étaient furieux, nous inondant d’insultes, crachant et tentant encore de se glisser entre nos voitures. Mais cette fois-ci, nous ne flanchâmes pas. Je gardai ma voiture à quelques centimètres du bus de Michael et Stan conduisait juste quelques centimètres près de moi, jusqu’à ce que les motos se lassent de la course-poursuite et fassent demi-tour pour aller semer la zizanie ailleurs. A ce moment là, Michael dormait ; il ne sut jamais ce qui s’était passé. Je n’avais toujours pas vraiment rencontré Michael, toutefois, et si nous sommes devenus amis, c’est parce que nous ne sommes passés pas loin d’une catastrophe, pour laquelle je pensais me faire licencier. |
CHAUFFEUR DE MICHAEL JACKSON
"L’avion se profila à l’horizon et autour de moi, l’immense foule se mit à gronder. “C’est lui !” s’écria quelqu’un depuis les profondeurs de la mêlée. Cet appel fut repris par un autre fan. “C’est lui ! C’est lui !” L’excitation était palpable tandis qu’un nombre de personnes de plus en plus grand reprenaient en coeur “C’est lui ! C’est lui ! C’est Michael ! Michael !”



